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Get It On – T. Rex

Un riff, un sax, et deux voix des Turtles

La guitare ne construit pas. Elle énonce une petite machine sexy puis laisse le groupe monter dessus. La voix de Marc Bolan est un ronron avec de la poussière dedans, moins une mélodie qu’une façon de se tenir trop près. Get It On, le tube d’Electric Warrior en 1971, est du glitter avec les lumières un peu fausses, ce qui est la façon dont le glitter reste intéressant. La batterie est simple exprès. La basse est une hanche. Tout le reste est une invitation. On ne vous demande pas de comprendre. On vous demande de bouger, et le texte s’occupera du reste en refusant d’être respectable.

Tony Visconti la produit pendant que Electric Warrior s’assemble entre Londres et des pièces américaines. Howard Kaylan et Mark Volman, Flo and Eddie, venus des Turtles, empilent les chœurs en un gospel de cabaret qui ne devrait pas aller à un grind de trois accords et lui va parfaitement. Ian McDonald, de King Crimson, joue le saxophone qui barbouille les bords, un luxe sale. Bolan joue le riff comme s’il l’avait trouvé sous un coussin et avait décidé que c’était une carrière. En Amérique le single a dû être retitré Bang a Gong (Get It On) parce qu’une autre chanson possédait déjà le nom. La Grande-Bretagne n’a pas besoin d’alias. Cela va au numéro un, le son d’une année qui avait accepté d’être bête en paillettes.

Les mots sont un tas d’images, une voiture, une cape, une déesse, dont aucune n’est tenue d’aboutir. C’est la méthode. Le glam, dans les mains de Bolan, n’est pas un concept. C’est un tempo et un clin d’œil. Sur scène il pouvait faire durer le riff, le boa faisant autant de travail que la guitare, le groupe plus serré que le mythe du chaos ne le suggérait. La version de studio est celle que la radio a usée, et elle ne s’est pas usée en retour. Le mix de Visconti garde la voix dans l’oreille et le sax dans l’embrasure. On entend le plaisir de gens qui savent qu’ils ont un tube et qui ne s’en ennuient pas encore.

Quand j’ai écrit Get It On, j’essayais simplement de réécrire Little Queenie de Chuck.

(Marc Bolan, NME)

Electric Warrior est l’album où le chanteur folk pixie finit de devenir la pop star, et ce morceau est le certificat. Les disques suivants de T. Rex ont couru après le sentiment et l’ont parfois rattrapé. Ils n’en avaient pas besoin. Un riff, deux choristes d’une décennie plus propre, un saxophoniste d’un groupe plus sévère, et un producteur qui comprenait que le sexe sur bande est surtout du rythme et du cran. Le titre américain est une blague qui est restée. Le britannique est l’instruction.

Ce qui reste, c’est le grind, encore indécent, encore gai. Get It On ne séduit pas en étant mystérieux. Il séduit en étant évident et joué avec un soin sale. Les paillettes ont été copiées pendant cinquante ans. La poche, celle de Visconti, celle de Bolan, n’a pas été améliorée. Ou vous montez, ou vous restez dans l’embrasure, et le sax rira dans les deux cas.

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