Le steel de Gilmour entre là où Speak to Me s’arrête
Breathe est la première chanson de The Dark Side of the Moon, même si Speak to Me, le collage au battement de cœur, est la première plage. Sur le 33 tours de 1973, elles sont séparées. Un accord de piano à l’envers tient la jointure, ce qui explique que les CD plus tardifs les collent souvent ensemble. Pink Floyd joue déjà le morceau sur scène. La suite, alors appelée Eclipse, est créée au Brighton Dome le 20 janvier 1972, des mois avant la fin des séances de l’album.
L’album est enregistré à Abbey Road pendant 1972 et jusqu’en janvier 1973. Alan Parsons est l’ingénieur. Le groupe produit. Chris Thomas arrive pour aider au mix final quand les quatre n’arrivent pas à se mettre d’accord. Harvest sort le disque aux États-Unis le 1er mars 1973 et en Grande-Bretagne le 16 mars. Gilmour et Wright écrivent la musique de Breathe. Waters écrit le texte. Gilmour chante la voix principale.
Le tempo reste bas. Gilmour joue de la guitare électrique à travers une Uni-Vibe, et du pedal steel avec une pédale de volume, plusieurs passes de steel. Wright joue de l’orgue Hammond et d’un Fender Rhodes. La basse de Waters bouge plus que la voix. Mason tient le temps sans le pousser. Il n’y a pas de gros refrain. Le texte est une courte liste d’instructions, qui commence par la ligne sur le fait de respirer l’air et de ne pas avoir peur de s’en faire.
La création à Brighton est rude. Les bandes d’effets leur posent problème ce soir-là, et la suite qu’ils appellent Eclipse n’est pas encore le disque. Ils continuent à jouer les chansons pendant la première moitié de 1972, puis ils entrent à Abbey Road pour les enregistrer. Breathe est déjà dans ce set. Quand Parsons lance la bande, Gilmour connaît la partie de steel. L’Uni-Vibe sur la guitare rythmique est une pulsation lente, pas une rotation rapide. Le Rhodes de Wright bouche les trous que la voix laisse ouverts. L’autre idée du texte, le lapin à qui on dit de courir, est le même avertissement que Time dira plus fort quelques minutes plus loin sur la face. Ici, c’est encore dit doucement, sur le steel.
Des lignes comme « Breathe in the air, don’t be afraid to care » sont faciles à attaquer comme des niaiseries d’adolescent, la tête dans les nuages, mais à un autre niveau c’est une exhortation très simple : être ici, maintenant, et vivre. On a tous besoin d’aide pour ça. Moi aussi, encore.
(Roger Waters, USA Today, 1999)

Une courte reprise de la même chanson se pose à la fin de Time, sans le steel, et avec un orgue Farfisa et un Wurlitzer là où étaient le Hammond et le Rhodes. Puis la face continue vers The Great Gig in the Sky. Breathe lui-même dure moins de trois minutes. C’est la minute calme avant On the Run.
The Dark Side of the Moon atteint le numéro 1 du chart albums aux États-Unis et le numéro 2 en Grande-Bretagne. Breathe n’est pas le single. C’est la première voix humaine du disque, un pedal steel sur un battement de cœur. Waters a plus tard traité ce premier couplet de simpliste, et il l’a gardé. Les bandes d’Abbey Road de 1972 et 1973 sont le disque. Un remaster plus tardif ne change pas qui a joué le steel.