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Rebirth of the Flesh – Prince: L’ouverture de Camille, la fin longue laissée telle quelle

28 octobre 1986, la voix accélérée, la fin laissée longue

Le 28 octobre 1986, à Sunset Sound, Prince enregistre Rebirth of the Flesh en Camille et garde la fin longue. Le procédé est ancien. Il enregistre la voix, puis accélère la bande pour que le chant monte, plus coupant, plus difficile à rattacher au chanteur présent dans la pièce. Eric Leeds joue le saxophone. Atlanta Bliss joue de la trompette. Prince joue le reste, au Studio 3. La veille, il a réenregistré Feel U Up. Le même mercredi produit aussi Rockhard in a Funky Place. Deux jours plus tard, le 30 octobre, il est encore à Sunset Sound pour Good Love. La semaine est une pile de chansons de Camille et du coffre, pas une séance d’album bien rangée.

La fin est la partie qui ne tient pas en place. La bande dépasse les cinq minutes, les cuivres encore dans la pièce au moment où un montage pop plus serré aurait baissé le volume. Susan Rogers et Coke Johnson sont aux manettes de ces séances à Sunset Sound. Les 2, 3 et 4 novembre, ils reviennent pour des mix et de nouveaux overdubs de cuivres. Quand Prince assemble l’album qu’il veut sortir sous le nom Camille, vers le 5 novembre, Rebirth of the Flesh l’ouvre, mais avec cette fin raccourcie. L’album est mis de côté.

Le 30 novembre, le même morceau, toujours raccourci, ouvre le premier disque d’un triple appelé Crystal Ball. Warner Bros. ne sortira pas un triple. Prince réduit le projet au double Sign o’ the Times, et Rebirth of the Flesh fait partie des chansons qui ne survivent pas. La bande complète, celle avec l’outro d’origine, reste au coffre. Le super deluxe de 2020 n’est que l’année où cette bande sort enfin. La chanson, elle, c’est cette semaine de l’automne 1986.

Camille était un diablotin. Quelqu’un qui venait semer le trouble.

(Susan Rogers, The Telegraph)

Au début de 1987, le groupe répète le morceau au Washington Avenue Warehouse, à Edina. Cette répétition sortira plus tard sur le NPG Music Club, en 2001, sous le titre trompeur Rehearsal ’88. Elle dure environ quatre minutes. Sheila E., Levi Seacer Jr., Miko Weaver, Dr. Fink, Boni Boyer, Cat, Wally Safford, Greg Brooks, Leeds et Bliss sont dans la pièce avec lui. C’est une version de travail, pas la bande de Sunset Sound.

Il réutilisera plus tard les premières lignes dans Escape. C’est un reste de Camille, pas une seconde vie pour le morceau entier. L’enregistrement studio avec la fin longue est celui qui compte ici : une voix accélérée, deux cuivres, et un outro que Prince aimait assez pour le garder même quand l’album qu’il devait ouvrir n’est jamais sorti. Rogers entendait le personnage dans le pseudonyme. Le diablotin a eu une ouverture, puis l’ouverture a perdu sa fin, puis l’album entier a disparu. La bande longue, non.

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