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Interstate Love Song – Stone Temple Pilots

Une guitare à vingt-cinq dollars, et un mensonge propre depuis Atlanta

Le riff tinte puis se fait plus lisse, country dans les doigts, quelque chose de plus fluide dans le refrain, comme si deux chansons avaient accepté de partager une voiture. La voix de Scott Weiland tient la ligne entre un accent traînant et un défi. Interstate Love Song sonne, au premier passage, comme un homme en mouvement à qui quelqu’un manque. Restez pour le second couplet et le mouvement est le problème. Il est au téléphone. Il va bien. Il ne va pas bien. Le groupe joue comme si le soleil faisait partie de la couverture.

Robert DeLeo a écrit la musique sur une guitare à cordes nylon qui coûtait vingt-cinq dollars, pendant la tournée de Core, dans une chambre d’hôtel puis dans la remorque derrière le Winnebago, appelant les autres au talkie-walkie quand les accords sonnaient vrai. Ça commençait en bossa-nova, une forme à la Antonio Carlos Jobim dont il ne croyait pas qu’un public rock la garderait. Il a ajouté une figure country. Quand Weiland l’a entendue, il a fredonné la mélodie de l’intro jusqu’à en faire un refrain. Les mots sont venus plus tard, à Atlanta, où le groupe a enregistré Purple en 1994 avec Brendan O’Brien aux Southern Tracks. La fiancée de Weiland, Jannina Castaneda, était restée en Californie. Elle s’était éloignée de l’héroïne. Pas lui. Chaque soir il lui disait qu’il avait décroché. Le texte imagine qu’elle lit le silence. Il a chanté la voix en une prise.

Le clip de Kevin Kerslake a rendu le mensonge visible avec un nez de Pinocchio, un slapstick de film muet sur une chanson qui ne plaisantait pas. À la radio le twang a gagné. Interstate Love Song est devenu le morceau qui a survécu à la dispute sur le fait de savoir si Stone Temple Pilots étaient une copie de Seattle, parce qu’il ne sonnait pas comme Seattle. Il sonnait comme une autoroute et une mauvaise promesse. En concert, Weiland pouvait en faire du théâtre ou une confession, selon l’année et le sang. DeLeo a dit qu’il aimerait encore l’enregistrer, un jour, en bossa-nova, comme elle était.

Il y a plusieurs thèmes. L’honnêteté, le manque d’honnêteté, ma nouvelle relation avec l’héroïne. Tout le temps où j’étais à Atlanta, je lui disais que j’avais décroché.

(Scott Weiland, Blender, 2005)

Weiland, dans une conversation de 2005 avec Blender et plus tard dans les mémoires Not Dead & Not for Sale, a cessé de laisser le soleil tenir debout. Les thèmes étaient l’honnêteté et son absence, une nouvelle relation avec l’héroïne, les semaines à Atlanta passées à jurer qu’il était clean. La main dans la honte rouillée n’est pas une métaphore de route. C’est un homme qui s’entend mentir et écrit le côté de l’autre au bout du fil. La production d’O’Brien garde les guitares assez claires pour qu’on puisse manquer ça. La clarté n’est pas un accident. C’est ainsi que l’appel sonnait pour la personne qui voulait le croire.

Ce qui reste, c’est l’accord de la guitare bon marché, encore en voyage. Interstate Love Song permet de chanter le hook sans l’héroïne, puis refuse, si l’on lit, que le hook ne soit qu’un hook. L’interstate est la distance qu’il faut au mensonge pour marcher. On raccroche, et le riff continue.

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