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Top 10 des chansons nocturnes absolues

Les chansons de nuit ne décrivent pas le noir. Elles vous y gardent un peu plus longtemps que prévu. Ces dix-là le font encore.

10The xx – “Night Time” Sur le premier album, en 2009, les guitares sont presque absentes, et les voix échangent des secrets à hauteur de conversation. Romy et Oliver chantent comme des gens qui vivent après minuit par tempérament. La chanson est une pièce avec une lampe. On ne monte pas le son. On se penche.

9Massive Attack – “Teardrop” La voix d’Elizabeth Fraser sur le morceau de 1998 flotte sur un beat qui pourrait être un cœur entendu à travers un mur. Mezzanine est un album de nuit par dessein. Ceci en est la porte la plus discrète. Les mots se brouillent. Le pouls, non.

8Portishead – “Roads” Tiré de Dummy en 1994, Beth Gibbons chante comme si le club s’était vidé et que le micro était encore ouvert. Le crépitement de Geoff Barrow est le son d’une ville qui ne dort pas proprement. La nuit, ici, est de la poussière de vinyle et une mélodie qui refuse le confort.

7Sade – “No Ordinary Love” Le single de 1992 avance à la vitesse d’une conduite tardive. La voix de Sade ne court pas après le sentiment. Elle le laisse arriver. Basse, un peu de guitare, beaucoup d’air sombre. C’est la chanson de nuit pour ceux qui gardent leur manteau à l’intérieur.

6Chris Isaak – “Wicked Game” Sorti en 1989 et inévitable au début des années 1990, le morceau est une cuve de reverb et une confession. La voix d’Isaak s’assoit dans le twang comme un homme qui connaît déjà la fin. La nuit n’est pas le décor. C’est le temps du verbe.

5The Doors – “Riders on the Storm” La clôture de L.A. Woman, en 1971, s’ouvre sur la pluie et un Fender Rhodes Piano Bass, Ray Manzarek peignant l’autoroute. Jim Morrison murmure un tueur sur la route. C’est la conduite de nuit comme philosophie, et le tonnerre fait partie de l’arrangement.

4Marvin Gaye – “I Want You” Leon Ware et T-Boy Ross l’ont écrit ; Gaye l’a sorti en 1976, une combustion lente qui traite le désir comme un climat plutôt que comme une intrigue. La section rythmique hausse à peine la voix. La nuit est la seule heure où ce tempo a un sens. Le chuchotement est le refrain.

3Billie Holiday – “Solitude” La chanson de Duke Ellington, dans la bouche de Holiday, devient une pièce dont les lumières sont déjà décidées. Elle ne dramatise pas la solitude. Elle laisse les notes fléchir là où une chanteuse plus claire les lèverait. La nuit, pour elle, est de l’exactitude.

2The Moody Blues – “Nights in White Satin” Tiré de Days of Future Passed en 1967, la ballade de Justin Hayward et l’orchestre font de la nuit une cérémonie. Le poème parlé à la fin risque le faste. La mélodie le sauve. Des générations s’en sont servies comme dernière chanson, ce pour quoi une chanson de nuit existe.

1Frank Sinatra – “In the Wee Small Hours of the Morning” Le titre de 1955, arrangé par Nelson Riddle, est le modèle : un homme, un bar qui a fermé, une horloge qui ne lui fera pas la grâce du matin. Bob Hilliard et David Mann l’ont écrit. Sinatra le chante comme si l’heure était une clé. Chaque chanson de nuit après celle-ci est, d’une manière ou d’une autre, encore dans cette pièce.

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