A&M, doubles claviers, mars 1979
En mars 1979, Breakfast in America arriva comme une carte postale de diner qui contenait pourtant un orchestre. Supertramp, déjà maîtres de l’architecture à deux claviers, polirent le disque avec Peter Henderson en une suite de pièces prêtes pour la radio : rebond de Wurlitzer, soleil de saxophone, voix de Rick Davies et Roger Hodgson qui se passent les clés de la ville. La pochette, serviette Liberty et verre de jus d’orange, devint aussi iconique que les tubes dedans.
« The Logical Song » pose la question la plus dure de l’enfance sur un groove qui refuse de rester poli. « Goodbye Stranger » sourit en sortant. « Take the Long Way Home » et le titre éponyme croquent l’Amérique comme fantasme et embouteillage. Davies et Hodgson écrivaient comme deux centres de gravité ; le groupe (John Helliwell, Dougie Thomson, Bob Siebenberg) fit balancer cette gravité. A&M y vit un sommet commercial ; les auditeurs y entendirent un métier qui sonne encore cher sans sonner froid.
Ce qui dure dans Breakfast in America, c’est l’équilibre d’esprit et de blessure. Pop progressive qui n’oublie jamais le refrain. Échelle de stade bâtie sur des détails de table du petit-déjeuner. Sommets de charts, conversations Grammy, et vitres de voiture encore baissées des décennies plus tard.
When I was young, it seemed that life was so wonderful, a miracle, oh it was beautiful, magical. And all the birds in the trees, well they’d be singing so happily, joyfully, playfully, watching me.
(Roger Hodgson, paroles de The Logical Song, Breakfast in America, 1979)

Sorti le 29 mars 1979, l’album reste le pic commercial le plus clair de Supertramp : « The Logical Song », « Goodbye Stranger », « Take the Long Way Home », Rick Davies et Roger Hodgson qui se passent le lead. Revenez-y : la pochette serviette vend encore la blague, pendant que les arrangements sonnent encore chers sans devenir froids. Charts et discussions Grammy ont suivi. Le craft dans les pièces, c’est ce qui dure.