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Supersonic – Oasis : écrite dans l’arrière-salle, mixée le soir même

Pink Museum, un repas chinois, et un single en onze heures

En décembre 1993, Oasis est au Pink Museum, à Liverpool, Hesketh Street, et essaie de repartir avec un premier single. Alan McGee, chez Creation, voulait Bring It On Down. Dans la pièce, l’ingénieur Dave Scott se souvient de la prise qui ne tenait pas : I Will Believe. L’énergie tombe. Mark Coyle produit avec Noel Gallagher. Tony Griffiths, des Real People, qui tourne autour du groupe, les pousse vers autre chose. Ils ont une jam de balance, une figure rock lente que Tony McCarroll peut tenir. Noel passe dans l’arrière-salle.

Il raconte l’histoire de la même façon depuis le documentaire Supersonic. Quelqu’un a envoyé chercher un repas chinois. Le temps que les autres le mangent, il a écrit la chanson. Le récit de Scott, le même soir, est plus mécanique et tout aussi court. Noel veut un verre avant les paroles. Le whisky lui tape sur la tête, la bière est trop lourde, alors Scott propose un gin tonic, celui qu’il a bu dans l’avion parce qu’il n’y avait pas de vodka. C’est de là que vient la ligne sur se sentir supersonic et vouloir un gin tonic. Liam Gallagher chante le lead en une prise, avec un drop-in pour une erreur au milieu. Tony Griffiths empile les « aah » de choeur. Scott mixe sur la Neve de 1969 du studio, sans automation, vers une DAT, et croit sortir un mix de retour. Il dira plus tard que l’ensemble a pris onze heures et que, à sa connaissance, ce n’a jamais été remixé. Ce mix est celui du single et de Definitely Maybe.

Elsa, dans le texte, n’est pas une fille. C’est la Rottweiler de Scott. Pendant que Noel écrit, la chienne pète et saute du canapé. Bonehead dit que le chien a été jusqu’au bout. Noel met le nom dans la chanson. Le reste des mots fonctionne pareil : un yellow submarine, un train, des lignes qui ne s’arrêtent pas pour s’expliquer. Creation sort Supersonic le 11 avril 1994 comme premier single, avec Take Me Away, un I Will Believe live, et une démo de Columbia selon les formats. Le single atteint la 31e place au Royaume-Uni. Pas un carton. Le premier disque avec leur nom sur l’étiquette.

Je suis allé dans la pièce du fond et, aussi bizarre que ça paraisse, j’ai écrit Supersonic en à peu près le temps qu’il faut à six autres types pour manger un repas chinois.

(Noel Gallagher, Oasis : Supersonic, 2016)

Sur Definitely Maybe, sorti le 29 août 1994, Supersonic est la piste six, entre Columbia et Bring It On Down. Elle n’a pas été refaite à Sawmills. Owen Morris produit l’essentiel de l’album. Cette chanson reste le mix de retour du Pink Museum : guitares panoramiquées fort, Liam devant, le fondu qui cache une fin dont Noel dira plus tard qu’elle continuait avec de la guitare en plus et des interférences radio. Scott pense que ce souvenir appartient à Slide Away. Le disque qui arrive dans les bacs, c’est le mix des onze heures. La Gibson SG de Bonehead, la basse de Guigsy, la batterie de McCarroll, le lead de Noel doublé et légèrement désaccordé sur l’idée de Scott, pour que les deux prises tiennent ensemble. Pas de second passage.

Noel a dit qu’avant ce single, les gens venaient aux concerts parce qu’ils avaient lu des papiers sur le groupe, et que personne ne connaissait les chansons. Le jour de la sortie de Supersonic, il entend une salle chanter les mots en retour, des mots écrits au milieu de la nuit et pas construits pour vouloir dire grand-chose. Bring It On Down n’est jamais devenu le premier single. Celle-ci, si. Le début que les gens prennent encore, c’est celui écrit pendant que le repas était sur la table, mixé par un ingénieur qui croyait seulement sortir une maquette.

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