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Purple Rain – Prince

Du sang et du bleu au-dessus de First Avenue

L’orgue tient un accord qui sonne déjà comme un temps qu’il fait, et le groupe attend comme si l’on avait dit un secret à la pièce. Puis Prince chante, pas encore la guitare, pas encore l’orage, juste un homme qui demande à être avec quelqu’un quand le ciel change de couleur. Purple Rain est huit minutes qui se conduisent comme un film avant même que le film existe. Le sommet n’est pas un refrain. C’est un solo qui semble s’excuser et accuser dans le même souffle, puis refuse de finir selon l’horaire de quelqu’un d’autre.

L’ossature a été enregistrée en concert à First Avenue, à Minneapolis, le 3 août 1983, avec the Revolution : Wendy Melvoin, Lisa Coleman, Matt Fink, Brown Mark, Bobby Z. Prince produit. Il emporte la bande à Sunset Sound, à Los Angeles, et construit sur la nuit plutôt que de la remplacer, montant une longue performance en la version qui fermera l’album et le film en 1984. La foule est encore dans le morceau si l’on se penche vers les enceintes. C’est pourquoi l’émotion semble partagée plutôt que mise en scène. Un studio aurait pu la rendre plus propre. Il l’aurait rendue plus petite. La guitare, quand elle parle enfin, utilise la salle comme un chanteur utilise une voyelle.

Il a expliqué la couleur tard, et nettement. Du sang dans le ciel, du rouge et du bleu, fait du violet. La pluie est la fin du monde, et le souhait est d’être avec celui qu’on aime pendant que la foi vous traverse cela. Le film a changé cette cosmologie en une histoire de fils, de groupe et de scène. La chanson n’avait pas besoin de l’intrigue. Elle avait déjà l’échelle. La radio l’a coupée et n’a toujours pas pu la domestiquer. En tournée elle a grandi encore, au-delà de dix minutes, au-delà de seize, le solo un pays dans lequel il acceptait de se perdre. Le public ne regardait pas l’heure. Il regardait s’il tenait encore debout.

Quand il y a du sang dans le ciel, rouge et bleu égale violet. Purple rain concerne la fin du monde, le fait d’être avec celui qu’on aime, et de laisser sa foi vous guider à travers cette pluie violette.

(Prince, rapporté d’un entretien à NME, 2012)

Après lui, le morceau est devenu une cérémonie que d’autres avaient le droit de tenir. Des guitares dans des hommages, une chorale, un stade qui ne connaît que l’hymne et pas les planches de First Avenue. La dernière fois qu’il l’a joué en public, à Atlanta en avril 2016, cela fermait la nuit. Ce fait est facile à surcharger. L’enregistrement de 1983 ne sait pas qu’il est un adieu. Il sait qu’il est une supplique, et un groupe capable de porter une supplique sans la laisser tomber.

Ce qui reste, c’est la patience du solo. Il ne déchire pas pour impressionner. Il chante parce que la voix a dit ce que les mots peuvent dire. Purple Rain sonne encore comme un temps qu’on sortirait rencontrer, dangereux et violet, avec quelqu’un à côté si l’on a de la chance, et the Revolution encore dans les murs de la prise.

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