Un démon sur la carte du comté
Le riff ne s’excuse pas d’être un riff. Il tangue, moitié surf et moitié usine, et Mark E. Smith entre déjà au milieu d’une phrase, comme si l’auditeur était arrivé en retard à un briefing. Lucifer Over Lancashire est cinq minutes de temps du Nord avec un problème de théologie. Le diable n’est pas dans une fosse. Il est au-dessus d’un comté, pratique, hip, prenant les haies et les cheerleaders fatiguées et le jour le plus chaud. Smith ne raconte pas tant qu’il dépose un rapport. Le groupe empêche le rapport de devenir un discours en refusant de rester assis.
C’est la face B de Mr. Pharmacist, sortie le 1er septembre 1986 chez Beggars Banquet, écrite par Smith et Steve Hanley, produite par John Leckie le même été où le groupe est au Studio Two d’Abbey Road pour Bend Sinister. Brix Smith à la guitare, Craig Scanlon à côté d’elle, Simon Rogers, Simon Wolstencroft à la batterie, la basse de Hanley l’épine que la voix de Smith traite comme facultative et dont elle ne peut pas se passer. Leckie a décrit des prises posées droit sur la bande, le chanteur allergique au poli qui les aurait fait sonner comme quelqu’un d’autre. Smith voulait la pièce, pas l’effet. Le comté du titre n’est pas un décor. C’est la juridiction. Un diable national aurait été trop grand. Un diable local peut être vérifié.
Le texte empile des images jusqu’à ce qu’elles se disputent : six hommes sous une tour, des oiseaux noirs dans les haies, un prêtre inutile, une lune de travers, le chanteur qui tape, qui brille, qui gagne, un requin qui court. On peut en extraire un sermon sur les médias, le Nord, la chaleur, et l’on aura à la fois raison et du retard. La méthode des Fall est de garder la langue plus rapide que l’interprétation. Sur le maxi le morceau siège à côté d’une reprise garage et rend la reprise polie. Des éditions et des compilations plus tardives l’ont ramené vers l’album qu’il hantait. Ce n’était jamais la plage polie du 33 tours. C’était celle qui ne restait pas dans l’ombre du single.
Certaines des meilleures choses que les Fall ont créées pendant mon temps dans le groupe ont été enregistrées au Studio Two. Mark le sentait certainement.
(Brix Smith, sur les sessions d’Abbey Road)
Brix a dit que certaines des meilleures choses que le groupe a faites pendant ses années étaient dans ce studio, et que Mark sentait la pièce. On entend un groupe qui sait que la blague et la menace ont la même taille. En concert, Smith inquiétait le texte jusqu’à de nouvelles formes, le comté toujours sous le démon, le démon toujours pas tout à fait net. La prise de 1986 est la photographie : la ligne de Hanley, les guitares un peu méchantes, la voix un greffier de l’apocalypse qui a perdu le formulaire et en remplit un quand même.
Ce qui reste, c’est le titre, qui est déjà une chanson complète des Fall avant qu’une note soit jouée. Une cosmologie rétrécie à une ligne de bus. Lucifer Over Lancashire sonne encore comme une canicule avec des opinions, enregistrée par des gens qui préfèrent donner un coup de pied dans un micro que se cacher derrière. Le diable, dans ce récit, fait de la paperasse. Le groupe s’assure que la paperasse swingue.