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Stevie Wonder – Claviers, soleil et conscience

Un clavinet, une campagne, et un enfant qui entendait tout

Stevland Hardaway Judkins est né à Saginaw, dans le Michigan, le 13 mai 1950, et le nom que le monde a appris fut Little Stevie Wonder. Aveugle depuis l’enfance, il a signé chez Motown à onze ans, Berry Gordy et Clarence Paul façonnant un prodige qui jouait déjà batterie, harmonica et claviers comme un seul instrument. Fingertips (Pt. 2), enregistré en public, a été numéro un du Billboard Hot 100 en 1963. Il avait treize ans. Le cri au milieu de la chanson est un enfant qui vient de comprendre que la pièce est à lui.

Les tubes des années 1960, Uptight, I Was Made to Love Her, My Cherie Amour, Signed, Sealed, Delivered I’m Yours, en ont fait une star à l’intérieur d’un système. Quand il a eu vingt et un ans en 1971, il a fait la chose plus rare : il a renégocié, pris l’édition, et gardé l’avenir des bandes dans ses mains. Music of My Mind et Talking Book, tous deux en 1972, ont été faits avec Malcolm Cecil et Robert Margouleff et leur synthétiseur TONTO. Le clavinet de Superstition, un riff qu’il avait d’abord tendu vers Jeff Beck puis gardé, est le son de cette liberté. Numéro un en 1973. Le funk avait une nouvelle colonne, et elle appartenait à un chanteur.

Innervisions, en 1973, c’est la conscience qui arrive au même volume que le groove. Living for the City, Higher Ground, Don’t You Worry ’bout a Thing : le détail social et la joie dans la même mesure. Le 6 août 1973, près de Salisbury, en Caroline du Nord, un camion de grumes a percuté la voiture où il se trouvait. Il a passé des jours dans le coma et perdu l’odorat. La musique qui a suivi n’a pas fait de l’accident une marque. Fulfillingness’ First Finale en 1974 a simplement continué, un peu plus crépusculaire, toujours exact.

Songs in the Key of Life, en 1976, est le sommet que les gens visent quand ils disent qu’il pouvait tout faire. Un double album plus le EP A Something’s Extra, il a débuté numéro un du Billboard 200. Sir Duke, I Wish, Isn’t She Lovely, As, Pastime Paradise : une suite qui tient une naissance, une enfance, une ville et un hommage à Ellington sans lâcher le pocket. Il a gagné le Grammy de l’album de l’année trois années de suite, pour Innervisions, Fulfillingness’ First Finale et celui-ci. L’étagère n’est pas le sujet. La série l’est.

Les années 1980 ne l’ont pas rétréci. Hotter than July, en 1980, portait Master Blaster et, plus important, Happy Birthday, la chanson de campagne pour un jour férié au nom de Martin Luther King. Reagan a signé la loi en 1983. La première observance officielle est venue en 1986. Un single pop avait fait un travail législatif, phrase étrange et vraie. I Just Called to Say I Love You, tiré de The Woman in Red en 1984, a gagné un Oscar et agacé les puristes. Il ne s’est pas excusé d’une mélodie aussi simple. Il n’a jamais confondu la difficulté avec la valeur.

Les collaborations sont une carte de l’époque : Paul McCartney sur Ebony and Ivory, une trêve moins convaincante que l’amitié ; l’harmonica qui soulève tant de disques des autres ; les chansons qu’il a données, Tell Me Something Good à Rufus. Il joue comme un groupe même quand il est seul, parce qu’il était souvent le groupe. Batterie, basse, clavinet, harmonica, la voix qui peut être un sourire ou un sermon. Le soleil, dans sa musique, n’est pas de la naïveté. C’est une décision prise alors que les lumières sont déjà connues.

Les albums plus tardifs, In Square Circle, Characters, Conversation Peace, ont gardé le métier sans répéter le choc des années 1970. Il est resté une présence plutôt qu’un numéro de nostalgie, présent quand une pièce a besoin à la fois du musicien et du moral. Les Grammys se sont accumulés. Le fait plus durable est qu’un enfant signé en 1961 était encore, des décennies plus tard, la personne que d’autres chanteurs appelaient quand ils voulaient le vrai instrument dans la pièce.

Claviers, soleil, conscience : les trois mots ne sont pas un slogan si on écoute dans l’ordre. Les claviers sont le clavinet, le TONTO, l’harmonica creusé dans une main. Le soleil est You Are the Sunshine of My Life et chaque refrain qui refuse la morosité comme défaut. La conscience est Living for the City et une chanson d’anniversaire qui a aidé à déplacer un jour férié. Il a entendu le siècle plus clairement que la plupart de ceux qui pouvaient le voir, et il l’a rejoué avec le pocket intact.

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