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Matador – Second acte qui refuse de rétrécir

Home studio à Wheatley, 2015

En janvier 2015, Matador sortit d’un home studio de Wheatley comme un second acte qui refusait de se réduire. Gaz Coombes, jadis voix funambule de Supergrass, produisit le disque lui-même pour Hot Fruit Recordings, poursuivant de grands arrangements plutôt que le repli solo habituel : chœurs, cordes, synthés analogiques, titres pensés en faces vinyle. Loz Colbert de Ride passa à la batterie ; le frère Charly traverse « Buffalo ». Le reste, c’est Coombes dans une pièce d’accidents heureux, puis Courtyard Studios quand se parler tout seul devenait trop bruyant.

« Buffalo » ouvre sur une pulsation électronique et un piano staccato avant que la voix ne parte en fusée. « 20/20 » penche vers le cinéma. « Detroit » naquit d’une boucle de guitare et, improbablement, d’un bout d’orchestre capté à l’iPhone derrière une porte de maison de radio, dix secondes bouclées en accords à la maison. « The Girl Who Fell to Earth » adoucit l’air ; « Needle’s Eye » tourne le disque. Le titre éponyme dure à peine quatre-vingt-dix secondes et donne encore l’impression d’une cape jetée sur l’arrivée.

Ce qui fait tenir Matador, c’est l’échelle sans fanfaronnade. Muscle indie et espace art-pop. Coombes garde le don mélodique Supergrass et le vise vers de plus grandes salles. Dix-huitième place UK, nomination au Mercury Prize : l’industrie a vu, mais le climat privé de l’album reste dans le grit du home studio sous le vernis.

J’étais dans une célèbre maison de radio à Londres, et cet orchestre jouait, alors j’ai ouvert la porte et j’ai juste enregistré une demi-minute sur mon iPhone. Ce qu’ils jouaient était incroyable. Rentré chez moi, j’ai loopé une dizaine de secondes, et ça a donné les accords de Detroit.

(Gaz Coombes, Vulture, 2016)

Sorti le 26 janvier 2015 via Caroline International, Matador est un frontman qui traite la solitude comme arrangement : voix empilées, batterie sèche, mélodies qui refusent la nostalgie Oasis. Supergrass est le CV. Ce disque est la méthode après le groupe : écrire chez soi, garder les hooks, lâcher le sourire cartoon.

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