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Flash Light – Parliament

Cinq notes, et Sir Nose cède

La basse ne marche pas. Elle ricane, un glissando chromatique qui fait l’effet d’un faisceau de lampe torche vous trouvant dans un couloir que vous espériez vide. Tout le reste, claps, un chant, un clavier qui glousse, s’arrange autour de ce faisceau. Flash Light est une course-poursuite dans la bande dessinée P-Funk : Sir Nose, l’ennemi de la danse, enfin coincé. On n’a pas besoin de la bande dessinée pour se sentir coincé. Le Minimoog suffit.

La chanson ferme Funkentelechy Vs. the Placebo Syndrome, sorti en novembre 1977, et le single suit en janvier 1978 chez Casablanca, produit par George Clinton, écrit par Clinton, Bernie Worrell et Bootsy Collins. La ligne de basse que l’on attribue encore à Bootsy est celle de Worrell. Collins, dit l’histoire, ne voulait pas la partie. Worrell l’a jouée sur des Minimoog, plusieurs reliés, et a joué les autres claviers aussi. Il a plus tard appelé ces cinq notes un solo, la part la plus importante de la chanson, et a écarté le jeu plus bavard comme un discours qui ne dit rien. Le morceau devient le premier numéro un R&B de Parliament et un tube pop derrière, le premier numéro un R&B de Casablanca aussi. United Sound à Detroit est l’endroit où ce cirque plantait d’habitude sa tente. La mythologie est bête sur le papier. Le bas du spectre ne l’est pas du tout.

En concert, le chant est une arme. Flash light, flash light, et une salle qui n’a jamais lu la pochette sait encore qu’il faut pointer quelque chose. Worrell, quand il était là, faisait crâner le Moog sans se presser. La vie du morceau dans le hip-hop est surtout cette basse, échantillonnée parce qu’elle sonne déjà comme une boucle qui a appris les manières puis les a ignorées. Cinq notes. Une nation de producteurs essaie d’en écrire une sixième depuis.

The bass line on Flashlight, that’s five notes. That’s a solo. It’s the most important part of the song.

(Bernie Worrell, Creative Loafing)

L’intrigue de Clinton, le Placebo Syndrome, la lampe comme outil qui trouve le funk dans le noir, est une histoire pour enfants racontée à volume d’adulte. Elle a donné aux musiciens une raison d’être ridicules et précis à la fois. La formation classique de Worrell est le secret sous la blague. Une ligne chromatique avec autant de swagger n’est pas un accident de bouton. C’est de l’harmonie utilisée comme rebondissement. L’absence de Bootsy à la basse, une fois qu’on le sait, rend le disque plus étrange et meilleur. Le bassiste le plus associé à l’empire s’est abstenu, et le claviériste a écrit la phrase la plus volée de l’empire.

Ce qui reste, c’est le faisceau. Flash Light sonne encore comme quelqu’un qui tourne un coin et décide que vous danserez ou que vous serez exposé. Sir Nose était une marionnette pour les gens qui ne bougent pas. Le Moog ne discutait pas avec eux. Il rendait leur immobilité impossible. C’est un meilleur sermon que la bande dessinée, et la bande dessinée était déjà assez bonne.

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