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Wembley 1988 – Michael Jackson

Sept nuits, une princesse, une machine

Stade de Wembley, été 1988. La tournée Bad de Michael Jackson y prend sept nuits complètes, les 14, 15 et 16 juillet, puis les 22 et 23 juillet, puis les 26 et 27 août. La fréquentation cumulée entre au Guinness à 504 000, au-delà des quatre nuits que Genesis détenait. La demande pour les cinq premières dates de juillet seule s’est dite en millions. Le bâtiment avait un quota. Il l’a atteint. La pop, cette année-là, ne devient pas plus grande que ça sans virer à la visite d’État, et le troisième soir elle l’a été, un moment.

Diana, princesse de Galles, et le prince Charles sont dans les 72 000 du 16 juillet. Jackson les reçoit avant le show. La rencontre dure, le début glisse, et The Way You Make Me Feel sort de la liste. Il s’était inquiété de chanter Dirty Diana devant la femme qui portait le prénom. Elle lui a dit, a-t-il raconté plus tard, que c’était sa préférée. La nuit telle qu’elle a été officiellement publiée contient la chanson. Le reste de la machine tourne comme prévu : Smooth Criminal et son penché, Thriller, Billie Jean et le cousin plus petit du moonwalk, Bad, Man in the Mirror. La guitare de Jennifer Batten traverse un groupe là pour cadrer un seul corps.

Ce qu’on entend, sur le film sorti avec Bad 25, c’est le contrôle. Chaque tube est un top. Le feutre, la survivance du gant unique, le stop-time de Smooth Criminal où la gravité est traitée comme une suggestion. La pop de stade, avant ça, avait souvent été un chanteur devant un grand bruit. Jackson a fait du bruit une chorégraphie. On ne demandait pas à 72 000 personnes de chanter tant que d’assister à une séquence répétée jusqu’à ressembler à l’instinct.

Ce concert précis a eu lieu le 16 juillet 1988 au stade de Wembley, à Londres, devant 72 000 personnes, salle comble, parmi lesquelles Diana, princesse de Galles, et Charles, prince de Galles.

(Michael Jackson, notes officielles du film Live at Wembley)

Les sept nuits sont le record. Le 16 est celle qui a un visage dans la loge royale et une caméra qui est restée. Around the World, le spécial de NBC, avait déjà commencé à faire de la tournée de la télévision. Wembley finit le travail. Un géant caritatif et un groupe de rock avaient utilisé ce stade. Jackson s’en sert comme d’une scène à la taille de ses clips, c’est-à-dire qu’il refuse la distance. Le fond de salle a quand même les pas.

Laissez la suite de la vie hors des projecteurs. Cette nuit de juillet, l’histoire est plus simple et plus grande : un chanteur au bout de ses moyens, un bâtiment qu’il remplit jusqu’à ce que la ville n’ait plus de nuits légales, et une princesse dans le noir qui tient, parmi d’autres cadeaux, une veste de tournée. La musique est Bad, ce qui veut dire que les chansons sont claires, dures, et sûres de leurs pieds. Le concert est la preuve que le titre de l’album était une posture, et que la posture tenait.

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