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Interview afterlife de Chris Cornell

Dans une ruelle de Seattle où la pluie polit le néon en lames, Riffs and Beats retrouve Chris Cornell en long manteau, Telecaster basse, voix déjà accordée à la brique mouillée.

Riffs and Beats
Chris, Black Hole Sun arrête encore le trafic. Pourquoi ce riff ?

Chris Cornell
Kim a apporté l’étrange. J’ai apporté la mélodie qui sourit en brûlant. Refrain large pour que les salles crient sans perdre le froid. La pluie de Seattle m’a appris la dynamique avant tout producteur. On réglait le micro plus bas que l’ego. Le bas dit la vérité plus vite.

Riffs and Beats
Soundgarden, Audioslave, solo : trois pièces ou un couloir ?

Chris Cornell
Trois pièces sur le même câblage. Soundgarden, la cave. Audioslave, la fenêtre ouverte. Solo, le bureau à 3 h du matin. On réglait le micro plus bas que l’ego. Le bas dit la vérité plus vite. Le refrain devait marcher sans slogan. Si le slogan portait tout, on recommençait.

Riffs and Beats
Tu chantais aigu sans excuses. Travail ou entêtement ?

Chris Cornell
Les deux. Les notes hautes comme un métier, pas des feux d’artifice. Souffle d’abord. Ego ensuite. Le refrain devait marcher sans slogan. Si le slogan portait tout, on recommençait. Une Telecaster dans une ruelle veut encore du gain honnête.

Riffs and Beats
Rusty Cage en live faisait peur. Des tricks studio ?

Chris Cornell
Moins de trick que de muscle. Section rythmique serrée, voix penchée en avant. Je voulais que le micro tressaille. Je me souviens de la gorge plus que du mythe du volume. On réglait le micro plus bas que l’ego. Le bas dit la vérité plus vite.

Riffs and Beats
Le streaming aplatit les catalogues grunge. Superunknown a encore besoin de la face A ?

Chris Cornell
Oui. Ce disque est un système météo. L’aléatoire en fait des cartes postales. On réglait le micro plus bas que l’ego. Le bas dit la vérité plus vite. Le refrain devait marcher sans slogan. Si le slogan portait tout, on recommençait.

Riffs and Beats
Temple of the Dog t’a appris quoi sur les chansons de deuil ?

Chris Cornell
Garder les noms honnêtes. Ne pas parfumer la perte. Laisser le refrain porter le poids sans discours. Le refrain devait marcher sans slogan. Si le slogan portait tout, on recommençait. Temple of the Dog, c’était du deuil avec un clic.

Riffs and Beats
Conseil aux chanteurs qui chassent les clips d’ambitus ?

Chris Cornell
Filme le milieu de ta voix une semaine. Si ça t’ennuie, les aigus aussi. Le Drop D est une humeur, pas une mode. On réglait le micro plus bas que l’ego. Le bas dit la vérité plus vite.

Riffs and Beats
Une guitare que tu refuses de romantiser ?

Chris Cornell
Toute guitare qui reste au mur. Joue-la sale ou vends-la. On réglait le micro plus bas que l’ego. Le bas dit la vérité plus vite. Le refrain devait marcher sans slogan. Si le slogan portait tout, on recommençait.

Riffs and Beats
Mythe à lâcher ?

Chris Cornell
Que Seattle, c’était seulement flanelle et misère. On riait dans les vans. On se disputait pour le café. Puis on accordait. Le refrain devait marcher sans slogan. Si le slogan portait tout, on recommençait. Le couplet discret me faisait plus peur que le cri.

Riffs and Beats
La pluie s’arrête ici ?

Chris Cornell
Non. C’est le clic. J’ai couru après une note tenue jusqu’à ce que la pièce cède. On réglait le micro plus bas que l’ego. Le bas dit la vérité plus vite.

Il relève la Telecaster, avance sous le néon et la pluie, le manteau avale la lumière de la ruelle. Fiction, oui. La note aiguë goutte encore sur la brique.

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