Parsons a enregistré chaque horloge seule, puis les a alignées
Time commence avant le groupe. Les alarmes et les carillons ne sont pas une pièce pleine d’horloges qui sonneraient ensemble par hasard. Alan Parsons, l’ingénieur, les avait enregistrées pour une démonstration quadriphonique. Il a emporté un magnétophone portable dans une boutique d’horloges anciennes près d’Abbey Road, a fait arrêter les autres horloges par le patron, et a enregistré chacune à part, le tic-tac et le carillon. De retour au studio, il les aligne sur le multipiste pour qu’elles sonnent comme une seule.
La chanson est déjà dans la suite jouée sur scène. Parsons a dit que la basse qui cliquette était dans le spectacle Eclipse d’origine, et que les horloges ont été ajoutées ensuite, calées sur un tempo qu’ils jouaient déjà sur un clic. La prise de base est faite au Studio 2 d’Abbey Road le 8 juin 1972, le lendemain de la prise de base de Money. Les séances de l’album continuent jusqu’en janvier 1973. Pink Floyd produit le disque. Parsons est à l’ingénierie. Harvest sort The Dark Side of the Moon aux États-Unis le 1er mars 1973 et en Grande-Bretagne le 16 mars.
Après les carillons, Nick Mason joue une descente de rototoms et la chanson démarre. Waters a écrit le texte, sur les années qui passent pendant qu’on attend de commencer. Gilmour chante les couplets et joue le solo de guitare. Wright chante le pont, la partie sur le fait de rester allongé au soleil et de rester à la maison pour regarder la pluie. Doris Troy, Lesley Duncan, Liza Strike et Barry St. John chantent les chœurs. Le morceau tombe ensuite dans une courte reprise de Breathe, puis dans The Great Gig in the Sky.
Les horloges ne sont pas enregistrées pendant la séance du morceau. Parsons les a faites plus tôt et a demandé au producteur d’un disque d’effets EMI si Pink Floyd pouvait utiliser les bandes. La réponse a été oui. Il n’est pas entré dans la boutique pour attraper toutes les horloges sonnant à midi. Il a arrêté la pièce et les a enregistrées une par une, puis il a décalé les pistes jusqu’à ce que les carillons tombent ensemble. Les rototoms de Mason sont le pont entre ce montage et le groupe. Les choristes entrent sur les sections suivantes, pas sous le premier couplet de Gilmour. La voix de Wright au pont est l’autre lead, la ligne sur le fait d’être fatigué de rester allongé au soleil. La paie de Parsons pour tout l’album, c’est son salaire d’employé d’Abbey Road. Les horloges font partie de ce travail.
J’ai fait des prises stéréo dans une boutique d’horloges anciennes, pas loin du studio. Je suis sorti avec un magnétophone portable, j’ai demandé au patron d’arrêter toutes les autres horloges, et je les ai enregistrées une par une. Ensuite je les ai assemblées sur le multipiste.
(Alan Parsons, à propos des horloges de Time)

Sur scène, à partir de la tournée de 1972, les horloges sortent d’une bande pendant que le groupe attend d’entrer. Le solo enregistré est celui de Gilmour, sans se presser, sur la même bobine d’Abbey Road que le reste de la face. La chanson n’est pas une histoire de remaster. C’est un enregistrement de boutique monté sur une prise de base de juin 1972, avec la batterie de Mason qui répond au dernier carillon.
L’album va au numéro 1 en Amérique et au numéro 2 en Grande-Bretagne, et il reste 741 semaines de suite dans le Billboard 200. Time est le morceau où le concept se réduit à une horloge et à un départ raté. L’astuce qui fait marcher l’intro est simple : une horloge à la fois, puis les rototoms.