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Gerry Rafferty – Baker Street

Une ligne qu’il a chantée, puis passée au saxophone

Le 3 février 1978, United Artists sort Baker Street, le single qui porte l’album City to City de Gerry Rafferty. Il l’avait écrite pendant qu’il était bloqué. Stealers Wheel, le groupe qu’il partageait avec Joe Egan, se sépare en 1975 et des litiges de contrat empêchent Rafferty de sortir de la musique nouvelle pendant environ trois ans. Il fait la navette entre sa famille à Paisley et ses avocats à Londres et il dort souvent chez un ami, dans un petit appartement près de Baker Street, à Marylebone. Le titre de l’album nomme ce trajet. Le dernier couplet en sonne la fin : un matin nouveau et le chanteur qui rentre.

Le morceau est enregistré en 1977 aux studios Chipping Norton, dans l’Oxfordshire. Rafferty et Hugh Murphy le produisent. Rafferty chante et joue la guitare rythmique. Gary Taylor tient la basse, Henry Spinetti la batterie, Tommy Eyre les claviers et Hugh Burns le solo de guitare, avec des cordes arrangées par Graham Preskett. La version album dure 6 minutes et 6 secondes. L’édition single dure 4 minutes et 10 secondes. La face B est Big Change in the Weather.

La coupure que tout le monde retient, ce sont huit mesures de saxophone alto, jouées par Raphael Ravenscroft. Rafferty avait d’abord demandé Pete Zorn. Zorn n’était pas libre. Ravenscroft vient pour jouer du soprano et propose plutôt l’alto qu’il a avec lui. On le paie environ 27 livres, le tarif d’une séance. Des années plus tard, il dira que l’essentiel de ce qu’il a joué était une vieille phrase de blues et que Rafferty ne lui avait pas tendu une ligne écrite. Rafferty n’est pas d’accord. Il s’agace qu’on attribue la mélodie au saxophoniste.

C’était ma ligne. Je la lui ai chantée.

(Gerry Rafferty)

Le guitariste Hugh Burns confirme le récit de Rafferty. La phrase est déjà sur la démo de Rafferty, jouée à la guitare. Burns l’essaie et ils conviennent qu’un saxophone la portera mieux. Cette démo paraît sur la réédition 2011 de City to City. Dans les notes, le collaborateur de Rafferty, Rab Noakes, écrit qu’elle devrait clore le débat. En 2011, Ravenscroft dit aussi que la partie l’agace encore parce qu’elle sonne un peu trop bas.

Le single atteint la 3e place au Royaume-Uni. Aux États-Unis, il reste six semaines à la 2e place du Billboard Hot 100, bloqué par Shadow Dancing d’Andy Gibb et il arrive bien à la 1re place du classement Cash Box. Il est numéro un au Canada et en Australie. City to City passe numéro un des albums aux États-Unis et en déloge la bande originale de Saturday Night Fever. En 1979, la chanson reçoit l’Ivor Novello de la meilleure chanson sur le plan musical et lyrique. Une blague écrite par Stuart Maconie dans le NME prétendait que l’animateur Bob Holness avait joué le saxo. Ce n’était pas lui. En 2010, la BMI comptait plus de cinq millions de diffusions du morceau.