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Lloyd Cole and the Commotions – Forest Fire

The Garden, Shoreditch, été 1984 : le solo nocturne de Neil Clark

Le 17 août 1984, Lloyd Cole and the Commotions sortent Forest Fire chez Polydor. C’est le deuxième single de leur premier album Rattlesnakes, publié le 12 octobre. Lloyd Cole a écrit le morceau. Paul Hardiman l’a produit à The Garden, le studio de Shoreditch construit par John Foxx. La face B est Andy’s Babies. Le single atteint la 41e place au Royaume-Uni et reste six semaines dans le top 75. En Nouvelle-Zélande, il culmine à la 25e place.

Autour de Cole : Neil Clark à la guitare, Blair Cowan aux claviers, Lawrence Donegan à la basse et Stephen Irvine à la batterie. Ils enregistrent l’album en environ un mois de sessions de journée : prises de base, repas à Brick Lane, puis nouvelles prises. Clark enregistre le long solo de guitare en larsen de Forest Fire tard un soir, exception à ce rythme. Il marque le sol du studio à la craie pour contrôler le larsen. Hardiman et Polydor laissent assez le groupe travailler pour que les prises restent nettes et sans précipitation.

On entend d’abord un rythme calme et la voix de Cole qui raconte un désir en mots simples. Les claviers de Cowan soutiennent les guitares. Le solo de Clark arrive comme un second feu : des couches de guitare qui montent sans transformer le morceau en démonstration. La version album dure environ quatre minutes et demie. Le groupe a déjà Perfect Skin dans les charts ; Forest Fire est le titre qui aligne juke-boxes d’unions étudiantes et presse musicale. Les éditions 12 pouces feront circuler des mixes plus longs ; la prise album de 1984 reste la référence. Les clin d’œil littéraires de Cole ailleurs sur Rattlesnakes côtoient la guitare de Clark ; sur Forest Fire, ce lyrisme de lecteur rencontre le solo le plus fort du disque.

Je me souviens de Neil en train d’enregistrer le solo de Forest Fire : c’était juste incroyable, couche après couche de guitare.

(Lawrence Donegan, rétrospective Music Week)

Rattlesnakes entre dans le classement des albums britanniques à la 13e place et y reste environ un an. Un troisième single, le titre éponyme, suit en novembre. Les Commotions viennent de la scène glasgowienne du début des années 1980, mais enregistrent ce premier disque à Londres, avec de la littérature dans les paroles et du jangle dans les guitares. La frange et le pull noir de Cole deviennent un raccourci pour cette année autant que les disques. Radios étudiantes et NME traitaient les Commotions comme une réponse à la première vague des Smiths sans copier Manchester : section rythmique glasgowienne, studio londonien, diction anglaise de Cole.

Partir de la prise album d’octobre 1984, pas d’une ligne marketing de remaster. L’intérêt de Forest Fire, c’est la pièce à The Garden, la production calme de Hardiman et Clark qui finit le solo après les heures alors que le reste du groupe croit encore qu’un premier album peut se faire aussi simplement.