John Peel, two minutes twenty-eight of desire
Teenage Kicks dure deux minutes vingt-huit et reste l’un des meilleurs deals pop-punk de la fin des années 70. The Undertones, de Derry en Irlande du Nord, étaient hors des circuits de Londres et Manchester quand ils l’ont enregistré. Ils sonnaient locaux, impatients, sans gêne à vouloir une fille et une guitare forte en même temps. La voix de Feargal Sharkey est haute et urgente. Le riff de John O’Neill est clair et avance, plus sucre que snarl, exactement pourquoi il a traversé les playlists punk plus dures sans manifeste.
Le groupe n’arrivait pas avec du capital de scène de la capitale. Ils arrivaient avec un single pas cher que John Peel sur BBC Radio 1 a joué fort et appelé l’un de ses disques préférés. Peel a plus tard demandé une ligne de Teenage Kicks sur sa tombe. Cet appui a plus fait pour leur profil UK que n’importe quel gatekeeper londonien. La chanson dit le désir sans déguisement politique, ce qui l’a fait voyager plus loin que beaucoup de singles 1978 plus en colere devenus pièces d’époque.
La prod reste sèche et proche. Pas de grand tour d’arrangement ni detour progressif. Le refrain repete le besoin sans empiler les métaphores. Cette netteté est le craft: entrer, accrocher, sortir avant qu’on lime en AOR. Sur scène et sur compilations, ça reste un rappel court que le punk pouvait sourire sans ramollir ni ralentir.
On ne peut guère faire mieux que ça.
(John Peel, BBC Radio 1, 1978)

L’amour public de Peel pour le titre a transformé un début regional en référence nationale. Reprises et cues de BO ont suivi sur des décennies, mais l’énergie originale Sire / Good Vibrations sonne encore comme un ado qui prend le micro avant les seconds pensées.
Teenage Kicks reste utile parce qu’il refuse de « devenir sérieux » pour la respectabilité. Il garde le crush, le riff et l’horloge sous trois minutes. C’est tout l’argument, et il tient encore sur des radios qui ont change d’époque.