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Mezzanine – Massive Attack

Trip-hop Bristol 1998 : guitares sombres, samples et sessions tendues

Massive Attack sort Mezzanine en avril 1998 chez Circa/Virgin, des années après que Blue Lines et Protection ont fait du trip-hop de Bristol une marque mondiale. Les sessions sont tendues : Robert Del Naja pousse des textures plus denses et sombres, Andrew Vowles part en cours de route. Ce qui sort ouvre sur « Angel » (Horace Andy) sur une boucle lente et grinçante, puis « Teardrop » avec Elizabeth Fraser, « Inertia Creeps », et des lits très guitare plus proches du dread post-punk que du soleil Blue Lines.

Samples et jeu live restent sous des tempos bas ; le mix privilégie corrosion et espace plutôt que songcraft brillant. Les voix invitées portent les accroches pendant que les lits restent ominoux. Changement de couleur volontaire pour un groupe déjà célèbre, pas un premier disque qui tâtonne.

C’était un moment chrysalide. On essayait d’émerger autrement. On avait vécu toute cette mode des années 90 où l’on est les petits nouveaux.

(Robert Del Naja, Wallpaper, 2018)

Mezzanine devient leur plus gros vendeur et une référence des albums électroniques plus sombres qui suivent. Son héritage est concret : le trip-hop après le pic de mode, reconstruit avec bruit de guitare et politique de groupe tendue, encore présent dans casques et cues de films des décennies plus tard. « Teardrop » seul a maintenu le disque en rotation constante.

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