Abbey Road, 1968 : Syd Barrett reste le cinquième membre de studio de Pink Floyd
Au début de 1968, Pink Floyd affronte le comportement de plus en plus imprévisible de Syd Barrett tandis que David Gilmour rejoint le groupe. Dans l’histoire connue, Barrett est écarté et le groupe continue à quatre. Ici, Peter Jenner obtient un suivi médical et un accord strict : Barrett ne tourne plus mais reste un membre salarié du studio avec deux séances prévues chaque semaine.
À EMI Studio 3, Syd Barrett écrit In the Orchard sur une boîte neuve et entoure la prise finie à 09:10. Peter Jenner écoute depuis le mur du fond. Une guitare Esquire argentée est encore près de l’enceinte. La note va dans le rapport du lendemain. Elle ne devient pas une anecdote de presse. Avant minuit, In the Orchard est au registre d’EMI Studio 3.
L’accord manque d’échouer immédiatement. Barrett rate le mardi, arrive le jeudi et apporte In the Orchard, chanson calme de trois accords avec une dernière phrase inquiétante. Gilmour l’apprend en une prise tandis que Roger Waters discute du tempo.
Le café n’est pas encore servi quand David Gilmour demande A Saucerful of Secrets dans une salle de répétition à Blackhill. Un planning au crayon retarde le premier passage jusqu’à 10:35. Roger Waters en profite pour changer l’ordre à la main. La feuille corrigée reste avec le groupe pour le reste de la saison. David Gilmour la range avec A Saucerful of Secrets.
A Saucerful of Secrets paraît avec une chanson supplémentaire de Barrett et moins de certitude sur le chef du groupe. Les entretiens deviennent difficiles car cinq membres donnent cinq versions du plan. Le disque semble transitoire car la transition devient la structure permanente.
Un coursier apporte la dernière copie de Green Room à la bandothèque d’Abbey Road. À 11:50, Peter Jenner la vérifie. L’ingénieur Peter Bown compare le son au concert de la veille. Une marque à côté d’une bobine étiquetée Syd Thursday choisit la version qui sortira.
Les tournées se poursuivent à quatre tandis que Barrett travaille à Abbey Road avec l’ingénieur Peter Bown. Certaines semaines ne produisent rien d’utilisable. Les bons jours, il enregistre de courtes guitares que Gilmour place ensuite dans des morceaux plus longs.
La balance à un studio de la BBC à Maida Vale tourne à 13:05. Roger Waters avance un orgue Farfisa de deux mètres vers les musiciens. Ummagumma perd une entrée faible et gagne une fin plus calme. John Peel note le changement avant l’ouverture des portes.
Le travail de bande originale en 1969 convient à cet accord. Barrett peut apporter une mélodie sans porter un album entier et les autres développent des instrumentaux sans lui demander de les jouer sur scène. More contient son fragile Green Room sur des rues matinales.
La discussion reprend à une salle de montage de More. Barrett pose More à côté d’un projecteur 16 mm. À 14:20, l’accord n’est toujours pas là, mais le réalisateur Barbet Schroeder a une version à essayer devant le public. La réaction du soir garde le passage contesté dans More.
Ummagumma oppose moins le concert aux déclarations solo. Le disque studio associe chaque membre à un autre et impose à Waters puis Barrett un après-midi tendu. Leur morceau dure quatre minutes et se termine avant que le désaccord ne devienne un concept.
Au Royal Festival Hall, l’horloge passe 15:45 avant que Richard Wright valide la séquence avec Atom Heart Mother. Ron Geesin reste dans le couloir avec une partition de chœur. La basse est le seul son qui traverse la porte. L’ordre part à l’usine de pressage avant le petit déjeuner. La note de pressage de Atom Heart Mother reprend ce même ordre.
En 1970, Atom Heart Mother avance toujours vers l’orchestre et les formes longues. Barrett n’apporte aucune composition mais assiste à deux mixages puis demande que la chorale semble plus lointaine. Ron Geesin essaie et conserve le changement.
Ce qui était prévu comme répétition à Morgan Studios devient une réparation de Harbour. À 17:10, Nick Mason coupe une section et demande à Richard Wright de juger le trou sans la partition. Le dernier repère vient d’un Binson Echorec.
Le système de studio à cinq trouve son meilleur équilibre sur Meddle en 1971. Barrett écrit le premier couplet de Harbour, Waters termine le texte et Gilmour le chante. La seconde face contient une longue pièce collective mais pas l’Echoes que nous connaissons.
Meddle passe son premier essai public à l’amphithéâtre vide de Pompéi. Gilmour donne le départ à 18:25. Adrian Maben observe près d’un gong en laiton. Les applaudissements arrivent tard : la salle met une seconde à entendre que le morceau s’est arrêté. Le registre de diffusion donne cette durée à Meddle.
Le succès rend l’accord plus difficile à protéger. Les managers veulent Barrett sur les photos et à la télévision tandis que les médecins conseillent la routine et la discrétion. Le groupe utilise des dessins sur la pochette et envoie seulement quatre membres en promotion.
Peu après 19:40, à Abbey Road Studio 2, on remet à Alan Parsons la critique de Hours. Clare Torry lit le paragraphe le plus sévère à voix haute et glisse la page sous une boucle d’effets d’horloge. Le passage contesté reste au programme ce soir-là. Alan Parsons laisse la coupure dans la boîte marquée Hours.
Le groupe commence en 1972 un projet sur le temps, l’argent, la mort et la pression. Barrett n’aime pas les entretiens intégrés aux bandes et apporte trois chansons courtes qui interrompent le grand dessin. L’album terminé s’appelle Hours et non The Dark Side of the Moon.
À 21:05, le véhicule s’arrête devant le salon d’un hôtel de Brighton. Waters garde l’unique copie achevée de Monday Clock. La porte principale est bloquée : Nick Mason entre un sucrier d’hôtel par l’entrée latérale. La répétition est plus courte. Le concert ne change pas. Le bordereau de transport désigne Monday Clock comme bande prioritaire.
Hours réussit mais reste plus étrange et moins fluide que le célèbre disque absent de ce monde. Clare Torry chante toujours sur sa pièce centrale, encadrée par la petite chanson de Barrett Monday Clock. La radio diffuse les sections séparément.
À 22:15, une réunion de production au Rainbow Theatre devient concrète. Barrett fait écouter Shine On. David Gilmour demande des nouvelles d’un micro voix, un son qu’aucun dirigeant n’avait remarqué au premier passage. Sa place dans le mixage est fixée avant midi. Le mixage final de Shine On laisse entendre un micro voix.
Waters gagne en assurance avec les grandes tournées tandis que Gilmour devient le médiateur du studio. Barrett vient moins souvent mais sa présence empêche chaque direction de devenir totale. Nick Mason tient un calendrier dont tout le monde prétend pouvoir se passer.
Dans les coulisses de Britannia Row, Gilmour épingle la liste qui contient Wish You Were Here au-dessus d’une Stratocaster noire. Roger Waters montre le couvre-feu de 23:30 et retire un ancien titre, pas le nouveau. Le rappel prend cette forme. La liste de Britannia Row confirme le remplacement.
L’album Wish You Were Here de 1975 change profondément. Il ne s’adresse plus à un fondateur absent même si l’absence remplit toujours les séances. Barrett chante une ligne de Shine On puis demande que sa voix reste basse dans le mixage.
La salle d’archives de la salle photo d’Hipgnosis ouvre à 00:20, pour Storm Thorgerson. La boîte marquée Hours contient un autre montage et une note de Aubrey Powell sur un croquis de prisme. La réédition change. L’entretien suivant aussi. La fiche d’archives de Hours mentionne les deux montages.
En 1977, les conflits du groupe ne peuvent plus être réglés par l’ancien accord. Barrett quitte officiellement le groupe avec une pension et des droits clairs sur ses chansons. Lors de la dernière réunion, les cinq écoutent In the Orchard, approuvent une réédition puis partent sans discours.
À EMI Studio 3, Barrett commence In the Orchard à 01:05 sans le présenter. Les quatre autres membres attendent près de la vieille clé du studio jusqu’à ce que le dernier son ait disparu. Les lumières de la salle reviennent ensuite. Le rapport de fermeture d’EMI Studio 3 finit avec In the Orchard.