11 mai 1986, fini avant qu’il quitte la pièce
Le 11 mai 1986, à Sunset Sound, à Hollywood, Prince grave It, pose les overdubs, mixe, et sort une version instrumentale, tout ça le même jour. La veille, il a gravé Frustration et If I Could Get Your Attention. Le même jour, il grave aussi Boy U Bad. Susan Rogers est à la console. Prince est le seul musicien sur la bande. Cinq minutes et dix secondes. Pas d’invité, pas de cuivre.
Le morceau, c’est un pattern Linn, une figure de basse qui reste au même endroit, et une voix qui répète le titre parce que le titre est la demande. Il est en pleine période des essais Camille cette année-là, en ralentissant la bande pour que sa voix revienne plus haute. It n’utilise pas ce masque. La voix principale est sa voix de studio ordinaire, proche et sèche. Rogers a décrit la journée de travail : boîte ou batterie d’abord, basse et claviers ensuite, voix seul, mix avant de monter. Cette bande colle à l’horloge.
Ce n’est pas un reste sorti d’un tiroir. Sur les configurations de Dream Factory du 3 juin 1986 et du 18 juillet 1986, c’est déjà le cinquième titre du premier disque. Il garde la place quand le projet devient le triple Crystal Ball le 30 novembre 1986. Quand l’ensemble est réduit au double Sign O’ The Times, sorti le 30 mars 1987, It est encore cinquième sur le premier disque, après The Ballad of Dorothy Parker et avant Starfish and Coffee.
Prince faisait en général une chanson par jour.
(Susan Rogers, BBC News, 2016)

Il ne le sort pas en single. Les singles de l’album sont le titre, If I Was Your Girlfriend, U Got the Look et I Could Never Take the Place of Your Man. It reste un titre d’album. Sur la tournée 1987, il lui donne rarement une lecture complète. Prince Vault note un fragment instrumental glissé dans When Doves Cry le 8 mai 1987 à l’Isstadion de Stockholm, et le texte lâché dans Forever in My Life le 28 juin 1987 à l’Ahoy de Rotterdam. Le film de concert le laisse de côté.
C’est la bonne taille pour l’enregistrement. Ce n’est pas une déclaration et ce n’est pas une ballade. C’est le jour entre deux autres chansons, gardé parce que le pattern de la boîte était déjà fini et que la répétition tenait. Sur un double plein de personnages, de voix accélérées et de vieux morceaux du coffre, It c’est juste lui, un studio, une date, qui demande la chose évidente et qui la rejoue. Le mix instrumental du même après-midi montre que le morceau ne dépendait pas du texte pour avancer. Enlevez la voix et la figure de Linn est encore là, cinq minutes, aucun invité dans le couloir. Il a sorti le mix avant la fin de la nuit.