Voix et piano, envoyé aux abonnés plutôt qu’aux disquaires
Au printemps 2001, pendant le mastering de The Rainbow Children, Prince enregistre un album au piano à Paisley Park et n’utilise pas une salle de studio classique. Une visite ultérieure de Minnesota Public Radio dans le bâtiment place les sessions dans l’Atrium, le hall ouvert sous les pyramides de verre. L’instrument est le Schimmel K208 Pegasus qu’il avait montré lors de l’émission Rave Un2 the Year 2000: un piano à queue en fibre de verre noire dessiné par Luigi Colani, avec son love symbol sur le couvercle à la place du cheval habituel. Le titre d’ouverture est le premier morceau, 3:36, voix et piano, personne d’autre.
Prince Vault est net sur le personnel: Prince, toutes les voix et tous les instruments. John Blackwell joue de la batterie sur d’autres titres de l’album. Les colombes Divinity et Majesty sont créditées d’un chant d’ambiance sur Arboretum, qui ferme le disque. Ni l’un ni les autres ne sont sur la chanson One Nite Alone…. La ligne de pochette utilise son orthographe: produced, arranged, composed and per4med by Prince. The Current rapporte que les notes dédient le disque à John L., son père John L. Nelson, déjà mort quand le CD part.
Les fans entendent le morceau avant le disque. Le 17 janvier 2002, c’est un mp3 dans le NPG Music Club Edition #12, dernier envoi de la première année du club, avec U’re Gonna C Me, Here on Earth, et une reprise de A Case of You de Joni Mitchell. En 2002 le club change de forme. Les téléchargements s’arrêtent. Les membres se voient promettre des CD physiques par la poste. One Nite Alone… est le premier, un digipack, pas une sortie magasin.
Produit, arrangé, composé et joué par Prince.
(pochette de One Nite Alone…, 2002)

Les premiers exemplaires arrivent chez les membres autour du 14 et du 15 mai 2002. Dix titres, environ 33 minutes. Le morceau donne son nom à la tournée One Nite Alone…, de mars à novembre 2002 aux Etats-Unis et en Europe, avec Maceo Parker dans la section cuivres sur la route. Ça, c’est un concert de groupe. L’album n’en est pas un. Une courte lecture live au piano, 1:12, atterrit sur le deuxième disque de One Nite Alone… Live!, tirée d’un show de fin avril 2002. La première exécution complète confirmée est le 3 mars 2002 au Chicago Theatre.
Les neuf autres titres restent dans la même petite pièce: U’re Gonna C Me, Here on Earth, la reprise de Joni Mitchell, Have a Heart, Objects in the Mirror, Avalanche, Pearls B4 the Swine, Young and Beautiful et Arboretum. Le commerce de détail rattrape le disque des années plus tard, via les rééditions Legacy. Le disque qui compte est l’envoi de 2002: un piano et une voix, enregistrés dans un hall sous des pyramides, envoyés à des gens qui avaient déjà payé le club. La pédale de sustain s’entend. C’est l’arrangement.