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Mr. Brightside – The Killers

Le même couplet deux fois, parce que le second n’était pas encore écrit

Un synthé poignarde, une guitare répond dans une panique claire, et Brandon Flowers commence déjà sorti de la cage, ça va très bien, et c’est ainsi qu’on sait que non. Mr. Brightside répète son premier couplet en second. Il n’y avait pas de second couplet. Il a chanté les mêmes mots quand la démo est arrivée au tournant, et la répétition s’est révélée la forme : une jalousie sans endroit neuf où aller, un film derrière les yeux, un baiser devenu une scène où il n’était pas. La batterie sprinte. La voix sprinte plus fort. Rien dans le morceau n’offre le soulagement d’un pont qui explique. L’explication est le sprint.

Il a écrit les mots à la fin de 2001, dix-neuf ou vingt ans, dans une chambre qu’il louait à sa sœur à Las Vegas pour deux cents dollars par mois, sur un lit d’enfant, au stylo, parce que les téléphones ne gardaient pas encore les notes. Dave Keuning avait le riff sur une cassette d’idées. Flowers y a mis un refrain. La scène était le Crown and Anchor. Il a dit à Q en 2009 qu’il dormait et savait que quelque chose n’allait pas, qu’il avait des instincts, qu’il est allé au pub et que sa petite amie était là avec un autre. Les plaies étaient fraîches. Il a dit à NME qu’il était Mr. Brightside, et que les émotions étaient réelles, et que c’est pourquoi la chanson a duré. Ils ont enregistré la version que le monde connaît vite, avec Jeff Saltzman, assez près de la démo pour que Flowers se souvienne encore des poils sur son bras. Hot Fuss est paru en 2004. Avant ça, lui et Keuning avaient entendu Is This It des Strokes dans une voiture devant un Virgin Megastore et jeté presque tout le reste de ce qu’ils avaient écrit. Celle-ci a survécu à la purge.

Le clip a fait de la jalousie un cabaret, Flowers en eyeliner, la liaison mise en théâtre, ce qui allait à un texte qui disait déjà que tout était dans sa tête puis refusait que la tête ne soit qu’imagination. Sur scène la chanson est devenue le moment où la salle chante plus fort que le groupe. Il a décrit cet élan comme brancher quelque chose qui n’a plus besoin de lui une fois que ça démarre. La Grande-Bretagne, surtout, n’a pas voulu la laisser quitter les classements.

Je dormais et je savais que quelque chose n’allait pas. J’ai ces instincts. Je suis allé au Crown and Anchor et ma petite amie était là avec un autre type.

(Brandon Flowers, Q, 2009)

Les couplets identiques sont l’accident de métier qui a prouvé le sentiment. Un auteur fini aurait varié l’image. Un auteur inachevé a dit la vérité deux fois, parce que l’image n’avait pas changé entre le baiser et la fin. Le riff de Keuning empêche la clarté du titre de devenir un sourire. Brightside, ici, est l’homme qui ne détourne pas les yeux, pas l’homme qui s’est remis. Flowers a appelé la chanson cathartique et a demandé, en riant, qui aurait cru que la trahison sonnerait si bien. Le rire est permis. La trahison est encore le moteur.

Ce qui reste, c’est la porte du pub. Mr. Brightside peut être criée par des gens qui ne sont jamais allés au Crown and Anchor, et elle appartient encore à la marche d’un lit d’enfant jusqu’à cette porte. Le second couplet est le premier parce que la nuit n’en a pas fourni un nouveau. Le groupe a gardé le manque.

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