Un mégaphone, puis l’Esquire de Barrett
Astronomy Domine ouvre The Piper at the Gates of Dawn, enregistré à Abbey Road le 11 avril 1967, Syd Barrett à la voix grave et Rick Wright à la voix aiguë. Norman Smith a produit la séance en quatre pistes. Barrett joue aussi de la slide sur une Fender Esquire. Wright joue d’un orgue Farfisa. Roger Waters joue de la basse. Nick Mason joue de la batterie. EMI Columbia a sorti l’album en Grande-Bretagne le 5 août 1967. Le morceau est la première chose sur le disque.
Peter Jenner, co-manager du groupe, dit l’introduction dans un mégaphone. Il lit une liste : Jupiter, Saturne, Neptune, Obéron, Miranda, Titania, Titan. Sous l’orgue, à peine dans le mix, il ajoute que Pluton n’a été découverte qu’en 1930. Barrett a écrit la chanson. Les deux voix restent loin l’une de l’autre. Wright tient la ligne aiguë. Barrett chante en dessous, et l’Esquire répond dans les trous. C’est une chanson pop courte, avec une liste de planètes parlée collée devant, pas un long jam.
On a dit plus tard que l’album lançait le space-rock. Waters a rejeté ça. Il a dit que Barrett n’avait qu’une chanson qui avait un rapport avec l’espace, et que c’est celle-ci. Interstellar Overdrive, sur le même album, n’était qu’un titre. L’enregistrement à garder en tête est la prise du 11 avril : mégaphone, Farfisa, Esquire, quatre pistes, Smith en régie. Le texte nomme des lunes et des planètes. L’arrangement, c’est deux voix et une guitare slide.
Toute cette histoire comme quoi Syd aurait lancé le space-rock, c’est que des putains de conneries. Syd n’avait qu’une chanson qui touchait à l’espace, Astronomy Domine, c’est tout. Interstellar Overdrive, c’est juste le titre.
(Roger Waters)

Le 14 mai 1967, le groupe a joué le morceau à la télévision de la BBC, dans The Look of the Week, en paire avec Pow R. Toc H. L’animateur, Hans Keller, leur a demandé pourquoi il fallait que ce soit si fort. L’enregistrement studio était déjà fini. La prestation télé est encore le groupe de Barrett, un mois avant la sortie de l’album. Le Farfisa de Wright et l’Esquire de Barrett sont les deux sons qu’on entend en premier, sous la liste de Jenner.
Le morceau est resté au répertoire live après le départ de Barrett. Un enregistrement live de l’époque Ummagumma, chanté par David Gilmour, a plus tard remplacé la version studio sur certains pressages de la compilation A Nice Pair. C’est une autre prestation. Le morceau de Piper est la prise d’avril 1967 : quatre pistes, mégaphone, guitare slide, et les deux voix séparées, aiguë et grave. Les planètes sont dans le texte. Le disque est une chanson pop qui se trouve ouvrir l’album. La prise studio dure un peu plus de quatre minutes. Le mégaphone de Jenner est sa seule partie sur l’album. Barrett chante les couplets grave, presque parlé, et l’harmonie aiguë de Wright porte la ligne du titre. La slide de Barrett sur l’Esquire répond au Farfisa au lieu de doubler la voix. Smith l’a enregistrée le 11 avril et le groupe l’a laissée en ouverture.