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Interstellar Overdrive – Pink Floyd : Jenner fredonne Love, Barrett joue autre chose

Jenner a fredonné Love, faux

Interstellar Overdrive, le long instrumental de The Piper at the Gates of Dawn, est né quand Peter Jenner a fredonné My Little Red Book de Love à Syd Barrett, complètement faux. Le disque de Love était une reprise de la chanson de Burt Bacharach et Hal David. Jenner, co-manager du groupe, a essayé de montrer le riff à Barrett en le chantant. Il n’arrivait ni au tempo ni à la note. Barrett a rejoué ce qu’il avait entendu. C’était une autre figure, descendante et sèche. Cette figure est le morceau. Il n’y a pas de paroles.

La version de l’album a été enregistrée à Abbey Road en mars et avril 1967. Norman Smith l’a produite. EMI Columbia a sorti The Piper at the Gates of Dawn en Grande-Bretagne le 5 août 1967. Barrett joue le riff à la guitare. Roger Waters, Rick Wright et Nick Mason jouent avec lui. La forme est simple. Le riff ouvre, le groupe le quitte pour un milieu libre, et le riff revient pour fermer. Smith leur a fait jouer le morceau deux fois et a superposé les deux prises : la version du disque est un doublage de toute la performance, pas un seul passage.

Une version plus ancienne, plus longue, avait déjà été enregistrée en janvier 1967 à Sound Techniques, pour le film de Peter Whitehead, Tonite Let’s All Make Love in London. Cet enregistrement est celui de la bande originale. Le disque dont il s’agit ici est celui d’Abbey Road, environ neuf minutes et demie, sur Piper. Le milieu libre est la partie qui correspond aux concerts de 1966 et 1967, quand le riff n’était que la porte d’entrée et la porte de sortie. Smith, producteur salarié d’EMI, a gardé ce passage sur l’album au lieu de réduire le morceau au riff.

J’ai fredonné à Syd la version de Love de My Little Red Book. J’étais tellement faux qu’il a rejoué une autre chanson.

(Peter Jenner, sur le riff d’Interstellar Overdrive)

Barrett est le guitariste de cette prise. Le riff est sa réponse à un fredonnement raté, pas une partition qu’on lui a tendue. L’orgue de Wright et la basse de Waters bougent avec le milieu libre, puis se recollent à la figure. La batterie de Mason est doublée avec le reste du groupe, parce que Smith a empilé toute la performance. On entend les deux passages posés l’un sur l’autre, surtout quand le jeu libre ne tombe pas exactement au même endroit.

Les versions live plus tardives, avec David Gilmour, étirent le milieu beaucoup plus loin. Ce n’est pas cet enregistrement. Le morceau de Piper est la prise d’Abbey Road du printemps 1967 : le riff de Love entendu de travers, joué deux fois, et laissé dans toute sa longueur. Le titre a l’air d’une chanson d’espace. La musique est une figure de guitare et un jam au milieu. Sur la pochette, l’instrumental est crédité à Barrett, Waters, Wright et Mason, un crédit collectif pour une pièce que personne n’a écrite. Le single de Love que Jenner avait en tête était une reprise de 1966, environ deux minutes et demie de pop. Ce que Barrett a joué dure presque quatre fois plus.

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