Viva la Vida 2008 : surge de piano vers Reign of Love
Le piano charge avant l’arrivée de la voix, et cette ruée est le plaisir du cut. Lovers in Japan, sur l’album de juin 2008 de Coldplay Viva la Vida or Death and All His Friends, est bâti comme une course : accords qui montent, batterie de Will Champion qui pousse, Chris Martin qui chante des nuits qui refusent de dormir et des amants qui continuent de courir. Brian Eno, Markus Dravs et Rik Simpson produisent le disque qui tire le groupe hors du confort delay des albums précédents. Sur beaucoup d’éditions, le titre enchaîne directement sur Reign of Love, coda plus calme qui traite la montée comme la première moitié d’un diptyque. Écoutez-les joints et les feux d’artifice prennent plus de sens.
Parlophone et Capitol sortent Lovers in Japan en digital à l’automne 2008, parfois couplé à Lost! en double tête. Ce n’a jamais été le monstre de charts qu’est devenu Viva la Vida, mais c’était un pilier live : combinaisons LED, confettis, Martin au piano pendant que Jonny Buckland et Guy Berryman remplissent les côtés. Le texte reste assez concret, soldats, feux d’artifice, une nuit qui ne finit pas, sans tourner en carte postale touristique du Japon. Le titre est une humeur, pas un itinéraire, et la présence d’Eno se voit moins dans la texture que dans la permission : Coldplay a laissé l’arrangement se précipiter.
Le clip officiel de Mat Whitecross met en scène feux d’artifice et couleurs de nuit autour du groupe, dans la ligne du vestiaire peint et révolutionnaire de l’album. Sur la Viva la Vida Tour, le morceau tenait souvent le milieu de set comme un lift entre les expériences Eno plus lourdes et l’hymne-titre. Le streaming a plus tard séparé Lovers in Japan de Reign of Love sur certaines playlists ; la séquence album récompense encore de les entendre joints. À côté du drame orchestral du titre-phare, reste le piano rocker le plus physique de l’album : ambition stade avec quatre musiciens qui sonnent encore comme une unité dans une pièce.
Lovers, keep on the road you’re on. Runners, until the race is run. Soldiers, you’ve got to soldier on.
(Coldplay, paroles de Lovers in Japan, Viva la Vida or Death and All His Friends, 2008)

Revenez au cut et vous entendez 2008 avant que l’ère des bracelets prenne tout : un piano qui refuse de rester poli, une batterie qui pousse, une coda qui répond à la ruée par le calme. Gardez le raccord album si vous pouvez.
Les feux d’artifice frappent plus fort quand la moitié douce répond. Ce diptyque explique pourquoi le titre mérite encore sa place en milieu d’album et de set, même sans les chiffres du single-titre.