Bienvenue dans le monde des chroniques objectivement subjectives
 

Top 10 des albums sortis trop tôt pour leur époque

En avance sur son temps est un compliment payé trop tard. Ces dix-là étaient finis avant que la pièce sache les entendre.

10Silver Apples – “Silver Apples” En 1968 Simeon Coxe et Danny Taylor ont mis un banc d’oscillateurs contre une batterie et ont appelé ça un groupe. Aucune scène n’attendait. La pop électronique, des décennies plus tard, sonne comme leurs phrases inachevées. Le disque est court. L’avance est longue.

9The Stooges – “The Stooges” John Cale a produit le premier album en 1969, et Iggy Pop chantait déjà comme un corps, pas comme un crooner. La radio n’en voulait pas. Le punk, huit ans plus tard, passerait ses premières leçons à copier la posture. L’album était en avance parce que la culture était en retard.

8Suicide – “Suicide” Alan Vega et Martin Rev, 1977, deux hommes, une boîte à rythmes, une voix comme une menace dans un couloir. Les critiques ont entendu du bruit. La synth-pop et l’indus ont entendu une carte. Ghost Rider sonne encore comme une ville qui n’a pas rattrapé.

7Big Star – “Radio City” Alex Chilton et le groupe ont sorti Radio City en 1974 dans un désastre de distribution, et la power-pop a passé vingt ans à rattraper les chansons. September Gurls est un tube qui a oublié de l’être. Le public est arrivé en culte, ce qui est une forme de retard.

6Kate Bush – “The Dreaming” Son album de 1982 se sert du Fairlight comme d’un outil dramatique, pas d’une nouveauté, et chante de l’intérieur des personnages. Cela lui a coûté du terrain commercial. Hounds of Love serait compris. Celui-ci a dû attendre. Les expériences sont les chansons, et c’est pour cela qu’il semble encore tôt.

5Can – “Tago Mago” Le double de 1971, enregistré au château de Nörvenich, laisse les grooves courir jusqu’à devenir un climat. Holger Czukay montait comme un monteur de film. Des producteurs de hip-hop et des groupes post-rock l’ont trouvé plus tard et ont fait comme s’ils découvraient un puits. C’était le cas.

4The Beach Boys – “Pet Sounds” Brian Wilson, en 1966, a quitté le costume de surf et bâti un album sur l’intérieur d’un sentiment, avec des musiciens de studio et un aboiement. Il n’a pas vendu plus que la culture des singles autour. Sgt. Pepper l’a entendu. Comme tous ceux qui ont voulu ensuite que la pop soit une composition.

3Talk Talk – “Spirit of Eden” En 1988 Mark Hollis a abandonné la synth-pop qui avait fait le nom du groupe et a enregistré quelque chose de plus proche d’une pièce qui respire. Le label n’était pas content. Le post-rock a passé les années 1990 à le remercier. Le silence était le futurisme.

2Kraftwerk – “Computer World” L’album de 1981 décrit une vie d’écrans, de données et de calculettes avant que ces objets soient ordinaires. La techno de Detroit a pris le pouls. Le hip-hop a pris les manières. Le disque n’est pas une prédiction vague. C’est un mode d’emploi arrivé avant les machines dans chaque maison.

1The Velvet Underground – “The Velvet Underground & Nico” La banane d’Andy Warhol, l’alto de John Cale, la rue de Lou Reed, 1967. Cela n’a presque pas vendu et a semé presque tout ce qu’on a ensuite appelé alternatif. La vieille phrase de Brian Eno tient encore en esprit : peu l’ont acheté, et un nombre saisissant a monté des groupes. Ici, en avance veut dire que le futur a dû être construit par les auditeurs.

Share Post
No comments

LEAVE A COMMENT