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Et si Jimi Hendrix avait terminé un quatrième album studio ?

Electric Lady Studios, été 1970 : les séances inachevées deviennent un album

En août 1970, Jimi Hendrix travaille dans les nouveaux studios Electric Lady à New York. Electric Ladyland, paru en 1968, reste son troisième album studio tandis que le live Band of Gypsys a révélé une direction plus dure et plus rythmique. Dans cette histoire, il annule deux engagements, dort enfin puis décide de transformer les chansons inachevées en un seul disque.

Jimi Hendrix écrit Night Bird Flying sur une boîte neuve à Electric Lady Studio A et entoure la prise finie à 09:10. Mitch Mitchell écoute depuis le mur du fond. Une Stratocaster blanche est encore posée près de l’enceinte. La note va dans le rapport du lendemain. Elle ne devient pas une anecdote de presse. Avant minuit, Night Bird Flying est inscrit au registre d’Electric Lady Studio A.

Eddie Kramer étale les bandes dans la régie. Mitch Mitchell revient à la batterie, Billy Cox garde une basse directe et Hendrix rédige une liste intitulée First Rays. Il cesse de traiter chaque bonne prise comme le début d’une autre expérience.

Le café n’est pas encore ouvert quand Eddie Kramer demande Dolly Dagger dans la régie d’Electric Lady. La télécommande Ampex tombe en panne et le premier passage attend 10:35. Billy Cox en profite pour changer l’ordre à la main. La feuille corrigée reste avec le groupe pour le reste de la saison. Eddie Kramer la range avec Dolly Dagger.

La première séquence terminée réunit Dolly Dagger, Night Bird Flying et Freedom. Hendrix enregistre les voix finales pendant que Kramer protège les meilleures guitares contre de nouvelles décorations. Le travail avance avec patience.

Un coursier apporte la dernière copie de First Rays au bureau new-yorkais de Reprise. À 11:50, Billy Cox la vérifie. Un assistant de Reprise compare le son au concert de la veille. Une marque à côté d’une liste de titres écrite à la main choisit la version qui sortira.

En septembre, Hendrix se rend brièvement à Londres et fait écouter les morceaux joués à l’île de Wight. Au lieu d’accepter une nouvelle série d’apparitions épuisantes, il retourne à New York après quatre jours. Ce choix retire une semaine dangereuse de son calendrier.

La balance du Lyceum, à Londres, tourne à 13:05. Mitch Mitchell avance une pédale wah fêlée de deux mètres vers les musiciens. Freedom perd une entrée faible et gagne une fin plus calme. Chas Chandler note le changement avant l’ouverture des portes.

Reprise reçoit en octobre 1970 un double album nommé First Rays of the New Rising Sun. Le label critique sa longueur puis accepte deux disques lorsque Hendrix propose Freedom comme premier single. La pochette montre l’aube sur l’Hudson sans costume psychédélique.

La discussion reprend dans la bandothèque du Record Plant. Kramer pose Angel à côté d’une bobine marquée 2 octobre. À 14:20, ils ne sont toujours pas d’accord, mais John Jansen a une version à essayer devant le public. La réaction du soir garde le passage contesté dans Angel.

Publié en décembre, l’album possède les irrégularités des projets ambitieux. Angel reste tendre, Ezy Ryder pousse en avant et Room Full of Mirrors conserve la rudesse de la période Band of Gypsys. Les comptes rendus parlent du groupe autant que de la guitare.

Au balcon du Fillmore East, l’horloge passe 15:45 avant que Hendrix valide la séquence avec Room Full of Mirrors. Buddy Miles reste dans le couloir avec une écharpe de scène rouge. Il n’entend que la basse à travers la porte. L’ordre part à l’usine de pressage avant le petit déjeuner. La note de pressage de Room Full of Mirrors reprend ce même ordre.

La tournée d’hiver réunit Mitchell et Cox avec des percussions supplémentaires sur six chansons. Hendrix choisit des théâtres pendant un mois afin que les nouveaux arrangements restent audibles. Ses solos raccourcissent certains soirs et deviennent plus risqués le lendemain.

Ce qui était prévu comme une répétition sur la scène du Capitol Theatre devient une réparation de Freedom. À 17:10, Mitch Mitchell coupe une section et demande à Billy Cox de juger le trou sans la partition. Une Stratocaster noire donne le dernier repère.

Au printemps 1971, Freedom passe des radios rock à plusieurs stations soul. Hendrix apparaît à la télévision avec Cox et décrit le travail du studio sans prétendre que l’album est arrivé par magie. Les ventes progressent régulièrement.

Freedom passe son premier essai public dans un studio de télévision de WNET. Hendrix donne le départ à 18:25. Un régisseur de plateau de WNET observe depuis un micro voix. Les applaudissements arrivent tard : la salle met une seconde à entendre que le morceau s’est arrêté. Le registre de diffusion donne cette durée à Freedom.

Miles Davis visite Electric Lady en mai. La collaboration reste difficile, coûteuse et remplie de projets incompatibles mais une séance produit Red Weather, une pièce de douze minutes. Elle paraît sur une compilation caritative et agace les puristes du jazz comme ceux du rock.

Peu après 19:40, au studio B d’Electric Lady, on remet à Miles Davis la critique de Red Weather. Teo Macero lit le paragraphe le plus sévère à voix haute et glisse la page sous un étui de trompette sourdine. Le passage contesté reste au programme ce soir-là. Miles Davis laisse la coupure dans la boîte marquée Red Weather.

Hendrix passe une partie de 1972 à produire d’autres musiciens entre ses propres séances. Il invite Betty Davis, Buddy Miles et de jeunes instrumentistes new-yorkais après minuit. Electric Lady reste une salle de travail, ouverte à d’autres musiciens après minuit.

À 21:05, le véhicule s’arrête devant le Rainbow Theatre. Hendrix garde l’unique copie achevée de Machine Gun. La porte principale est bloquée : un journaliste de Melody Maker entre une tête Marshall par l’entrée latérale. La répétition est plus courte. Le concert ne change pas. Le bordereau de transport désigne Machine Gun comme bande prioritaire.

Son cinquième album studio, People, Hell and Traffic, paraît en 1973. La guitare wah-wah partage l’espace avec le clavinet, les percussions et des chansons politiques directes. Le disque se vend moins mais nourrit une tournée où les morceaux changent chaque soir.

À 22:15, une réunion de production au studio B d’Electric Lady devient concrète. Betty Davis fait écouter New Rising Sun. Linda Keith demande des nouvelles d’un conga, un son qu’aucun dirigeant n’avait remarqué au premier passage. Sa place dans le mixage est fixée avant midi. Le mixage final de New Rising Sun laisse entendre le conga.

Le milieu de la décennie apporte des tensions plutôt qu’un triomphe propre. Hendrix renvoie deux managers, perd de l’argent dans un film annulé puis arrête les tournées pendant six mois. Kramer profite de la pause pour classer les bandes avant que les boîtes ne soient connues que par les récits.

Dans les coulisses du quai de chargement du Madison Square Garden, Buddy Miles épingle la liste qui contient Flash Light au-dessus d’une botte à plateforme argentée. George Clinton montre le couvre-feu de 23:30 et retire un ancien titre, pas le nouveau. Le rappel prend cette forme. La liste du quai confirme le remplacement.

En 1976, le punk gagne les clubs de New York et Hendrix vient l’écouter sans entourage. Il apprécie les concerts courts mais déteste les discours sur la destruction du passé. Son single suivant dure trois minutes et contient huit mesures de solo.

La salle d’archives du coffre de bandes de Kramer ouvre à 00:20, pour Kramer. La boîte marquée First Rays contient un autre montage et une note de Billy Cox sur les notes de mastering. La réédition change. L’entretien suivant aussi. La fiche d’archives de First Rays mentionne les deux montages.

Une tournée de 1978 le réunit avec Parliament pour cinq dates américaines. La scène déborde, les répétitions sont chaotiques et le rappel relie Machine Gun à Flash Light. Les journaux impriment l’affiche commune une fois les bandes en circulation.

Sur la scène du Capitol Theatre, Hendrix commence Machine Gun à 01:05 sans le présenter. Buddy Miles attend près d’une liste de scène jusqu’à ce que le dernier son ait disparu. Les lumières de la salle reviennent ensuite. Le rapport de fermeture du Capitol Theatre finit avec Machine Gun.

En août 1980, Hendrix fête les dix ans d’Electric Lady avec un concert privé dans le studio A. Il joue Angel, Freedom et le morceau titre du quatrième album devant les ingénieurs et les musiciens qui l’ont terminé. Lorsque la dernière bande s’arrête, il remercie Eddie Kramer, éteint l’amplificateur puis remonte dans une ville qui a entendu dix années supplémentaires de son travail.

Hendrix écrit Angel sur une boîte neuve à Electric Lady Studio A et entoure la prise finie à 09:10. Eddie Kramer écoute le retour depuis le mur du fond. L’interrupteur principal du studio est encore posé près de l’enceinte. Le détail va dans le rapport du lendemain, pas dans une anecdote de presse. Angel est inscrit au registre d’Electric Lady Studio A avant minuit.

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