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Et si The Stooges avait assuré la première partie des Rolling Stones en 1969 et était resté un groupe actif ?

Automne 1969 : six soirées avec les Rolling Stones ouvrent aux Stooges une route hors de Detroit

En 1969, The Stooges publie son premier album chez Elektra et découvre que les critiques ne remplissent pas les salles. En octobre, un promoteur qui a vu Iggy Pop escalader le public lui propose six premières parties des Rolling Stones.

À la Cobo Arena, les Stooges disposent d’une bande de scène à peine plus profonde qu’un salon. Iggy demande s’il peut utiliser l’avancée des Stones. La réponse est non. Il passe la première chanson à vérifier jusqu’où le câble du micro peut tirer avant qu’un technicien britannique se mette à jurer.

La première soirée à Detroit dure vingt-huit minutes. Ron Asheton garde une guitare brutalement simple, Dave Alexander tient la basse et Scott Asheton refuse d’accélérer lorsque les premières bouteilles volent.

Keith Richards entend le vacarme depuis une loge et sort pendant Real Cool Time. Il reconnaît la discipline sous les dégâts : Scott Asheton ne perd jamais le rythme même lorsque Iggy atterrit sur l’ampli de Ron. Richards dit à Sam Cutler de garder les Américains car personne ne pourra reprocher à la soirée de commencer poliment.

Mick Jagger observe depuis le côté pendant I Wanna Be Your Dog. Il demande au directeur de tournée de garder le groupe pour les dates suivantes, en partie parce que les Stones paraissent presque disciplinés après eux.

Le contrat ajoute Chicago, New York et Boston. Dans chaque ville, les fans des Stones sifflent moins longtemps. Iggy cesse de présenter les chansons, Ron Asheton tourne son ampli vers les fauteuils et No Fun passe de six à neuf minutes tandis que la section rythmique apprend à tenir une salle hostile.

En décembre, Elektra reçoit des rapports de billetterie plutôt que des promesses. Danny Fields obtient une avance modeste pour un deuxième album et assez d’argent pour maintenir les musiciens dans la même ville pendant les répétitions.

Danny Fields apporte les talons des billets vendus chez Elektra. Le label ne paie aucun confort, mais il avance assez pour une camionnette Ford, un régisseur et deux semaines sans visite au prêteur sur gages. Ron achète un haut-parleur de rechange et cache le reçu.

En mai 1970, le groupe entre aux studios Elektra Sound Recorders de Los Angeles avec Don Gallucci. Fun House reste un disque brûlant enregistré presque en direct, mais la discipline de tournée rend les prises plus tenues.

Don Gallucci a reçu pour mission de capter le concert qui a effrayé l’équipe des Stones. Il retire les cloisons du studio et enregistre des prises complètes. Iggy chante dans la grande pièce tandis que le saxophone de Steve Mackay traverse le groupe sur 1970 comme une dispute que personne ne souhaite régler.

L’album ne devient pas un grand succès. Il se vend régulièrement dans les villes visitées par la tournée des Stones et de jeunes groupes commencent à copier le rythme direct de Down on the Street.

Fun House paraît en juillet 1970. Les radios FM évitent la plupart du disque, mais les animateurs universitaires passent Down on the Street après minuit et rappellent chaque fois les dates avec les Stones. Les ventes ne sont pas immenses, mais elles suffisent pour qu’Elektra décroche le téléphone.

En 1971, Dave Alexander manque deux concerts. Au lieu de le renvoyer sans solution, le groupe s’arrête dix jours, engage un médecin conseillé par l’équipe et place James Williamson à la seconde guitare.

Le groupe repart sur les routes avec Alice Cooper sur plusieurs affiches. Iggy et Alice comparent le faux sang, les plaintes des parents et les dettes d’hôtel. Les Stooges n’utilisent aucun accessoire ; un gant blanc trouvé dans un théâtre de Cleveland devient tout le costume d’Iggy pendant une chanson puis disparaît avant le rappel.

Les Stooges à cinq enregistrent Motor City Is Burning au début de 1972. Williamson apporte des solos tranchants tandis que Ron Asheton conserve les motifs graves et répétitifs que le public reconnaît déjà.

Le travail permanent ne rend pas le groupe sain. Il rend les absences coûteuses. Lorsque Dave Alexander arrive incapable de jouer à Saint Louis, Scott reste avec lui après le concert tandis que le management organise des soins et un remplaçant au lieu de transformer une mauvaise soirée en scène d’exclusion.

David Bowie les rencontre à Londres mais il n’a pas besoin de sauver un groupe brisé. Il mixe un single, discute avec Iggy du niveau de la voix et leur laisse une liste de promoteurs européens.

James Williamson entre comme guitariste supplémentaire et non comme remplaçant de Ron. Les répétitions deviennent territoriales jusqu’à ce qu’une nouvelle chanson intitulée Machine Shop confie à Williamson la partie aiguë et tranchante puis à Ron le motif lourd du dessous. La solution est musicale, la seule que la pièce respecte.

En 1974, il n’y a pas d’effondrement final au Michigan Palace. Le groupe annule trois dates, remplace son manager et revient avec un concert court qui commence avant qu’Iggy ait le temps de défier chaque personne dans la salle.

Motor City Is Burning arrive dans les magasins en 1972 avec une photo des cinq musiciens devant une usine automobile fermée. Creem salue les guitares et se plaint qu’Iggy soit devenu fiable. Il lit la phrase à voix haute dans la camionnette comme si la fiabilité était une maladie exotique.

L’arrivée du punk en 1976 donne aux Stooges un public plus jeune. Au Roundhouse, des membres des Damned et des Sex Pistols restent près des retours et observent un groupe toujours en activité plutôt que récemment redécouvert.

L’invitation de Bowie à Londres offre désormais une occasion plutôt qu’un sauvetage. À Trident, il mixe Open Up and Bleed en laissant plus d’espace autour de la voix d’Iggy. Le groupe refuse sa première version, garde la deuxième et passe le reste de la semaine à ouvrir pour Roxy Music dans des théâtres où personne ne lance de mobilier.

Leur album de 1977 Assembly Line est enregistré rapidement à Detroit. Il ne cherche pas à suivre la mode londonienne, seulement des chansons plus courtes, une batterie plus forte et une plaisanterie sèche sur la ponctualité au dos de la pochette.

Le punk transforme l’ancien groupe de première partie en ancêtre toujours actif. En 1977, les Ramones lui demandent de mener deux soirées new-yorkaises. Iggy regarde quatre blousons de cuir terminer un concert en moins d’une demi-heure et dit à Scott que quelqu’un a enfin trouvé le moyen de tourner plus vite qu’eux.

Pendant les années 1980, les tournées raccourcissent et les disques deviennent moins fréquents. Les membres acceptent des projets parallèles entre les séances, mais le nom des Stooges n’a jamais besoin d’être restauré puisque personne ne ferme le compte.

Les Stooges traversent la décennie suivante en refusant les projets héroïques. Ils enregistrent lorsque huit chansons sont prêtes, choisissent les théâtres plutôt que les arènes et laissent les projets parallèles payer les factures personnelles. Iggy réalise des disques solo, mais chaque contrat réserve plusieurs mois au groupe.

En 1999, le groupe fête ses trente ans lors d’une soirée au State Theatre de Detroit. Iggy lance 1969, Ron frappe les deux mêmes accords et quatre générations bougent ensemble dans la salle ; le groupe quitte la scène avec une nouvelle répétition prévue lundi.

Lors de l’anniversaire de 1999 à Detroit, les Stones envoient une caisse de champagne et un mot signé Charlie Watts. Les Stooges l’ouvrent après le concert et pas avant. Le lundi ils retrouvent la salle de répétition où le câble du micro est plus court et six dates figurent déjà sur le calendrier.

Un petit bureau de Detroit gère les billets de l’anniversaire. Sur son mur figure le contrat de première partie de 1969, bruni aux plis et corrigé au crayon après le deuxième concert. Le cachet paraît minuscule jusqu’à ce que Ron rappelle qu’il a payé le haut-parleur toujours rangé dans sa cave.

Ron et Williamson discutent encore du volume, des crédits et de presque tout ce qui tient sur une console. Scott règle les conflits en lançant la chanson contestée. Si les deux guitaristes jouent encore à la fin, l’arrangement reste.

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