Garage metal on tape, Lemmy in the video
White Limo ne glisse pas. Il enfonce la porte sur l’album 2011 des Foo Fighters Wasting Light, enregistre en analogique sur bande dans le garage de Dave Grohl sans filet Pro Tools. Le morceau est bati comme une bagarre de bar en 4/4: guitares epaisses, batterie droite, voix si distordue qu’elle devient texture plus que melodie. Grohl lance les lignes plutot que de les chanter propres. Le brief: volume voisin de Motörhead dans une tracklist Foo qui aurait pu rester polite radio de bout en bout.
La contrainte garage comptait. Compression bande et bleed live donnent au riff un grain physique absent d’une grille sterile. Pat Smear, Chris Shiflett, Nate Mendel et Taylor Hawkins tiennent le chassis pendant que Grohl pousse le cri. Ce n’est pas un pivot ballade ni une experience niche enterree en fin de CD. C’est un statement: le groupe peut encore faire laid expres dans la sequence principale.
La presse a entendu le clin d’oeil Judas Priest et metal classique et l’a ecrit. Les fans ont entendu un refus de limer chaque angle pour l’adult contemporary. Dans une decennie ou le rock arrivait souvent auto-tune ou sous ironie indie, White Limo n’a choisi ni l’une ni l’autre voie et a garde les amplis honnetes.
Et sur cette lancée, l’hommage metal façon Judas Priest et débridé « White Limo » est la chose la plus badass que le groupe ait sortie depuis dix ans.
(Jeff Terich, Treble, 2011)

Le clip scelle la poignee de main entre generations: Lemmy Kilmister en viree dans la limousine blanche du titre. Grohl n’a jamais cache son culte Motörhead; mettre Lemmy a l’image rend l’hommage litteral. Le clip est comique et fort, comme le disque qui refuse de chuchoter pour des points de cool.
Sur Wasting Light, le titre reste la preuve la plus nette que Foo Fighters pouvaient encore choisir le grit plutot que le gloss quand la bande tournait. Explosion courte et deliberee, approuvee Lemmy en esprit et en cadre, qui vide encore une playlist soft en moins de trois minutes d’abus.