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Et si The Clash était resté ensemble après Combat Rock ?

Londres, 1983 : Mick Jones reste dans la pièce

En août 1983, Joe Strummer arrive à une réunion du groupe prêt à renvoyer Mick Jones. Paul Simonon ferme la porte avant que quelqu’un puisse partir et pose une cassette sur la table. Elle contient une base de Jones, un texte de Strummer et la batterie de Topper Headon tirée d’une ancienne séance. Ils l’écoutent deux fois. Mick reste, la lettre de renvoi est déchirée et Cut the Crap n’existera jamais.

Septembre 1983. L’accord est précis : aucun manager ne peut assister aux séances d’écriture et chaque chanson doit résister à une répétition à quatre. Pete Howard garde la batterie tandis que Headon commence un traitement loin du groupe. Dans le local Vanilla, Strummer fixe ses textes au mur et Jones déroule des câbles autour comme si le sol était déjà une table de mixage. Paul Simonon refuse la chanson la plus longue de chacun puis fournit la ligne de basse qui en sauve une autre. Pete Howard joue pendant toute la dispute et demande seulement quelle version ils comptent enregistrer.

Octobre 1983. Jones apporte des boîtes à rythmes mais accepte de les couper après avoir arrangé les chansons. Strummer apporte des pages sur le chômage, les tabloïds et un bus de tournée américain qui semble ne jamais s’arrêter. Bernard Rhodes est tenu loin de la première écoute, une décision qui apporte la paix pendant presque quatre jours. Lorsqu’il entend enfin les bandes, il exige des slogans, des photos et une date limite. Le groupe accepte la date, refuse les slogans et laisse Pennie Smith le photographier en train de descendre des amplis dans l’escalier.

Janvier 1984. Aux studios Wessex, Simonon refuse un son de basse trop poli et revient avec un ampli emprunté dans une salle de répétition. Ce bord rugueux donne son centre à Last Train from Ladbroke Grove. Les nouvelles machines de Jones restent audibles sans remplacer les collisions de The Clash. Une annonce de gare échantillonnée ouvre un morceau, la basse de Simonon l’entraîne vers le reggae et Strummer arrive un demi-temps trop tôt. Ils gardent cette entrée car elle ressemble à un homme qui court après le dernier train.

Mars 1984. Le groupe termine Signal Fire, dix chansons où guitares punk, espaces dub et détails électroniques ne recouvrent jamais les musiciens. Jones mixe les versions dansantes sur des bandes séparées. Les promoteurs américains réclament Rock the Casbah au début mais le groupe la place tard et ouvre avec des chansons inconnues. À Detroit, des gobelets frappent la scène pendant le deuxième titre. Au rappel, la même foule chante son court refrain. Jones enregistre le bruit depuis la console et n’en utilise rien sur un disque studio.

Mai 1984. Le single Radio Silence entre sur les radios britanniques avec un refrain chanté par Strummer et Jones. Strummer et Jones finissent le refrain ensemble et le mélange reste rugueux. Des réunions se terminent encore par des portes claquées, le travail solo attire toujours Jones et Strummer disparaît encore lorsque les décisions deviennent administratives. Simonon conserve la réservation du local et quelqu’un finit toujours par venir.

Été 1984. La tournée évite les stades et choisit des salles avec des groupes locaux en première partie. Chaque invité reçoit le même temps de balance, une règle qui retarde l’ouverture à Manchester et fonctionne parfaitement à Glasgow. Glyn Johns passe un après-midi à Wessex et leur dit que la base rythmique transporte trop de disputes. Jones retire deux bruits échantillonnés, Strummer raccourcit un couplet et Simonon monte le volume sans demander. La prise suivante devient Radio Silence avec une batterie de Howard presque intacte dans le mixage.

Décembre 1984. Headon vient à une répétition sans promesse. Il joue Train in Vain, boit du thé avec Howard et part avant la discussion sur le disque suivant. Au Barrowland, The Bluebells bénéficie d’une balance complète tandis que les portes restent fermées sous la pluie. Strummer sort pour expliquer le retard et reçoit plusieurs centaines d’insultes très précises. Il revient en riant, supprime son discours d’ouverture et lance London Calling avant que le promoteur puisse baisser les lumières.

1985. The Clash publie un EP enregistré à Brixton au lieu de précipiter un album studio. Sa version de Straight to Hell s’installe à la radio après la suppression d’un couplet. La visite de Headon déstabilise Howard plus que personne ne veut l’admettre. Simonon règle le problème en réservant deux batteries le lendemain et demande aux deux hommes d’arranger The Magnificent Seven. La séance ne produit aucun enregistrement officiel mais une cassette circule parmi les musiciens car les deux rythmes ne s’effondrent jamais.

1986. Jones pousse plus loin l’échantillonnage sur Public Address. Strummer répond par des chansons plus simples et l’ordre final alterne les deux approches l’une après l’autre. Pour Public Address, Jones échantillonne une émission parlementaire tandis que Strummer écrit sur les ouvriers de l’imprimerie qui voient disparaître leur emploi. Les avocats de CBS retirent le discours et une bénévole de radio âgée de seize ans, Lucy Mendez, relit les mêmes mots. Sa voix calme reste sur l’album puis elle rejoint un rappel londonien.

1987. Le groupe organise une tournée de soutien aux ouvriers de l’imprimerie en grève et demande aux journalistes d’acheter leur billet comme tout le monde. Les disputes qui suivent remplissent plus de colonnes que les concerts. Pendant la pause de 1988, les membres communiquent par cartes postales plutôt que par réunions. Jones envoie des schémas de studio, Strummer écrit depuis des tournages et Simonon expédie des peintures sans message. Howard garde toutes les cartes dans la caisse de grosse caisse où elles sont retrouvées lors de la reprise des répétitions.

1988. Simonon demande une année sans album de The Clash. Il peint, Jones produit un autre groupe et Strummer travaille sur une musique de film tandis que la clé du local passe de l’un à l’autre.

1989. Ils reviennent avec Four Corners, enregistré rapidement avec Headon invité sur deux morceaux. Le générique cite les deux batteurs et ne dit rien du traitement de Headon.

1993. Après dix années ensemble, le groupe annonce une pause depuis une table de pub. Il n’y a ni formation de remplacement ni produits de tournée d’adieu.

1999. Une courte réunion commence par quatre répétitions et une règle : aucune chanson ne sera accélérée pour prouver son énergie. Le premier soir se termine avec la cassette inachevée de 1983 enfin jouée en entier.

La longue pause s’achève lorsque Simonon réserve le local Vanilla sous son propre nom et annonce aux autres que le loyer est déjà payé. Jones arrive avec un disque dur, Strummer avec un carnet et Howard sans croire que Headon viendra. Headon entre le dernier avec des baguettes mais sans cymbales. Ils passent la matinée sur Four Corners et baissent la tonalité jusqu’à ce que les deux chanteurs atteignent le refrain sans forcer. L’après-midi, Jones fait écouter la cassette inachevée de 1983. La bande s’est détendue et le rythme se courbe étrangement mais Strummer reconnaît le texte puis retrouve de mémoire le couplet manquant. Aucun manager n’est appelé. Pennie Smith prend une seule photo à la fin avec cinq hommes assis contre des murs séparés et le magnétophone au milieu du sol. Simonon paie une seconde semaine avant de rentrer chez lui et laisse la clé sous l’ampli de basse.

Le rappel de 1999 commence avec la cassette posée sur la table par Simonon seize ans plus tôt. Jones fournit le rythme, Strummer termine enfin le dernier couplet et Headon partage la batterie avec Howard. The Clash achève la chanson et quitte la scène. La machine continue de tourner après leur sortie.

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