La basse arrive déjà en train de danser, une ligne si souple qu'elle pourrait porter un texte plus léger, et puis Linda Womack chante comme si les larmes étaient un fait et le rythme une décision de ne pas s'y noyer.
Le piano est mélancolique et déjà vieux, une figure tirée de The Human Abstract de David Axelrod, en 1969, posée dans une pièce qui n'appartient pas à 1969.
Et si Madonna avait figé le caméléon en 1984 et n’avait plus jamais changé de couleur ? Même dentelle, même sourire en coin, même vocabulaire de danse, décennie après décennie, pendant que la culture tournait autour d’elle comme le temps autour d’une statue.
Harold Rhodes a construit les premiers de ces pianos pour des aviateurs blessés pendant la Seconde Guerre mondiale, un petit instrument d'enseignement fait de récupération, destiné aux lits d'hôpital plutôt qu'aux salles de bal.
L'harmonica entre de biais, un peu trop vif, chargé d'air de bar, et le piano répond en valse lente, comme si la salle avait demandé une dernière chanson avant la fermeture.
À la fin de l'été 1979, le premier uniforme du punk commence à serrer, et The Clash répond en enregistrant un double album qui refuse de rester à une seule place.
La guitare commence comme un temps qui change d'avis, un frisson plutôt qu'un riff, et le groupe tombe derrière comme s'il avait attendu la première goutte.