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Magical Mystery Tour – Double EP ici, LP Capitol ailleurs

Double EP ici, LP Capitol ailleurs

Fin 1967, les Beatles sortent Magical Mystery Tour en double EP au Royaume-Uni et en LP Capitol aux États-Unis, liant six nouveaux titres studio à la bande-son de leur film TV maison. George Martin produit à Abbey Road. Paul McCartney pousse le projet après la mort de Brian Epstein : un car, des caméras, des amis, des chansons écrites pour coller aux images. La diffusion BBC le jour de Noël tire des critiques dures. La musique n’a pas besoin du montage pour tenir.

Le titre d’ouverture aboie une invitation et une fanfare de cuivres façon fête foraine. The Fool on the Hill garde la voix de McCartney sur un piano simple et des couleurs de flûte à bec. Flying est le premier instrumental complet du groupe sur une sortie majeure, un court croquis drone et guitare. Blue Jay Way de Harrison est enregistré à Los Angeles autour d’un texte d’attente et d’un orgue brumeux. Your Mother Should Know penche music-hall ; I Am the Walrus empile le jeu de mots de Lennon sur un arrangement dense et un extrait radio de King Lear à la fin.

Le LP américain complète l’EP avec les singles hors album de l’année : Hello, Goodbye, Strawberry Fields Forever, Penny Lane, Baby, You’re a Rich Man et All You Need Is Love. Ce packaging transforme un EP bande-son britannique en album américain qui cartonne. Au Royaume-Uni, le double EP prend quand même la tête des singles. La pochette étoilée jaune et les costumes d’animaux du film deviennent l’image publique du paquet même quand le film TV coule.

Le brief de McCartney est mi-vacances, mi-exercice de contrôle : écrire des chansons filmables sans autre calendrier de tournée géré par Epstein. Le car quitte Londres avec acteurs, amis et un scénario mince. Abbey Road fournit encore le travail sérieux. Les cuivres de Martin sur le titre d’ouverture et la morsure de violoncelles sous I Am the Walrus montrent le même producteur qui vient de finir Sgt. Pepper, au service d’un brief plus lâche.

On savait qu’on tournait dans un film que personne ne comprenait, nous y compris.

(Ringo Starr, retour sur Magical Mystery Tour)

La mémoire critique coupe le projet en deux : film expérience brouillonne, disque document Beatles solide de fin 1967. I Am the Walrus et le couple Strawberry Fields / Penny Lane suffisent à justifier l’étagère. Le schisme EP/LP embrouille encore les nouveaux ; l’ordre US est celui que la plupart des catalogues streaming présentent.

Écoutez l’éventail studio. Entre une fanfare de car de fête et un collage Lennon bâti sur du bruit radio, le groupe refuse une seule humeur. Magical Mystery Tour n’est pas le concept soigneusement mis en scène de Sgt. Pepper. C’est un carnet de travail des mois après Epstein, mi-film de vacances, mi-restes d’Abbey Road transformés en paquet commercial qui a survécu à la diffusion qui les a gênés.

Les catalogues streaming présentent presque toujours la séquence LP US, donc les plus jeunes croisent Penny Lane et Strawberry Fields Forever comme voisins de face B plutôt que comme le double face A de février 1967 qui précède le film. Cet accident de packaging transforme une expérience TV mitigée en l’un des blocs d’écoute Beatles les plus rejoués de fin 1967.

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