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Mama Said – Slash aux solos, un single n°2

Virgin, Slash aux solos

Le 2 avril 1991, Lenny Kravitz sort Mama Said chez Virgin Records, suite de Let Love Rule. Il produit à nouveau l’album et joue la plupart des instruments, mais des invités élargissent la palette. Slash, guitariste de Guns N’ Roses, coécrit et joue sur « Always on the Run » et intervient aussi sur « Fields of Joy. » Sean Lennon coécrit « All I Ever Wanted » et y joue du piano.

La séquence de quatorze titres s’ouvre sur « Fields of Joy, » une reprise qui pose un ton psyché-soul avant que le solo de Slash ne tranche sur « Always on the Run. » Les cuivres de Karl Denson, Butch Thomas et Mike Hunter poussent le côté funk de ce titre. « Stand by My Woman » ralentit en ballade. Arrive ensuite « It Ain’t Over ’til It’s Over, » un single façon Philly soul aux voix empilées, plus haut classement de Kravitz au Hot 100, jusqu’à la 2e place.

Ailleurs, l’album change encore de pièce. « What Goes Around Comes Around » resserre le feeling de groupe avec Zoro à la batterie. « Flowers for Zoë » est une courte dédicace. « What the Fuck Are We Saying? » dépasse les cinq minutes avec du sax. Henry Hirsch revient aux claviers et à la basse ; les Phenix Horns apparaissent sur « Stand by My Woman. » La production reste chaude et proche, plus soul-rock vintage que gloss digital du début des années 90.

It ain’t over ’til it’s over. So give us one more try before you leave. Take the bitter with the sweet.

(Lenny Kravitz, « It Ain’t Over ’til It’s Over », 1991)

Côté commercial, Mama Said élève le plafond. Le disque culmine à la 39e place du Billboard 200 mais atteint la 8e au Royaume-Uni, la 4e en Norvège, la 5e aux Pays-Bas et en Suisse, et la 10e en Australie. « Always on the Run » monte à la 8e place du Modern Rock Billboard. L’album passe multi-platine dans plusieurs marchés, même quand le papier RIAA a parfois traîné derrière les ventes réelles.

En 2012, Virgin publie une édition double disque élargie avec remixes et bonus. Utile pour les collectionneurs ; la séquence 1991 reste celle qui a fait de Kravitz un artiste de singles grand public sans abandonner le cadre rock rétro. De là, la route mène droit à Are You Gonna Go My Way et à l’ère Flying V.

Mama Said est le disque où la méthode organique du premier album croise un instinct de tubes plus affûté. Les solos de Slash offrent une entrée rock radio ; « It Ain’t Over ’til It’s Over » en offre une autre à la pop. Entre ces deux pôles, quatorze titres tiennent encore comme un seul énoncé Lenny Kravitz : auto-joué, piqué d’invités, et construit pour le casque comme pour les charts.

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