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Diamond Life – Six semaines au Power Plant, Smooth Operator

Six semaines au Power Plant

Sade Adu, Stuart Matthewman, Andrew Hale et Paul S. Denman enregistrent Diamond Life au Power Plant de Londres en environ six semaines fin 1983, avec Robin Millar à la production. Quinze titres sont pris; neuf forment l’album Epic sorti au Royaume-Uni le 16 juillet 1984. Le groupe synchronise piano réel et Fender Rhodes avec soin. La pochette place le portrait froid d’Adu entre des typographies fermes: SADE en haut, DIAMOND LIFE en bas. C’est un premier disque qui sonne déjà fini, pas démo.

Your Love Is King, coécrit par Adu et Matthewman, mène la campagne UK et atteint le n°6 du UK Singles Chart. When Am I Going to Make a Living suit. Smooth Operator, écrit par Adu avec Ray St. John de son groupe Pride, devient le pivot international: sax, basse, et le récit d’un charmeur qui laisse des dégâts. Hang On to Your Love ouvre la porte US avec un pulse plus funk destiné à la radio Black. La reprise de Timmy Thomas Why Can’t We Live Together ferme le disque en mode quiet storm. Les genres se mélangent exprès: soul, smooth jazz, sophisti-pop et quiet storm partagent les mêmes salles sèches.

Le clip de Julien Temple pour Smooth Operator (groupe de lounge, intrigue criminelle, Amanda Pays) donne au single une image que MTV et la télé de nuit US peuvent boucler. Sur scène, le groupe garde des tempos modérés et de l’espace; le phrasé d’Adu reste conversationnel, jamais forcé. Le Brit Award du meilleur album britannique en 1985 confirme ce que les classements montrent déjà chez eux.

J’étais très confiant, comme on l’est quand on a travaillé quelque chose pendant quatre jours et qu’à la fin on a Smooth Operator. Tout le monde sautait de joie.

(Robin Millar, sur les sessions Power Plant)

L’album culmine n°2 au Royaume-Uni et n°5 du Billboard 200 US après le déploiement américain. Smooth Operator atteint le n°5 du Hot 100 et la tête de l’Adult Contemporary. Les ventes mondiales dépassent ensuite dix millions, plaçant Diamond Life parmi les débuts les plus solides de la décennie et fixant le modèle Sade: retenue, clarté, et chansons faites pour la réécoute de nuit plutôt que pour le cri de prime time.

Le bilan est structurel. Un studio, un producteur, et un groupe qui refuse d’encombrer la voix. Sans Diamond Life, les jalons plus calmes comme Promise et Stronger Than Pride ont moins de fondations. C’est encore l’introduction la plus nette à la façon dont Sade a rendu la retenue sonore luxueuse.

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