Mama Said, été 1991 : cordes Philly-soul et n°2 Hot 100
It Ain’t Over ‘Til It’s Over est construit comme une dispute à voix basse : batterie douce, basse ronde, chœurs empilés, arrangement de cordes qui salue la soul de Philadelphie sans pastiche. Lenny Kravitz l’écrit et le produit pour Mama Said (Virgin, 2 avril 1991), et le texte tient une rupture au présent : la porte n’est pas fermée, l’histoire n’est pas finie, le groove reste doux pendant que l’enjeu reste haut.
Sorti en single le 3 juin 1991, c’est son premier Top 10 US et toujours son meilleur pic Hot 100 : n°2 le 24 août 1991, bloqué derrière « (Everything I Do) I Do It for You » de Bryan Adams. Aussi n°2 au Canada, n°5 en Nouvelle-Zélande, n°11 au Royaume-Uni, n°10 R&B US. Dix-neuf semaines dans le Hot 100 en font un fixture d’été, pas un pic d’une semaine.
Jesse Dylan réalise le clip officiel : Kravitz en plans serrés, lumière chaude, l’intimité du titre gardée à l’image. La radio aime le pocket mid-tempo ; les formats adult contemporary et R&B le portent avec les playlists rock. Plus tard, « Real Girl » de Mutya Buena (2007) sample le morceau et ramène l’échantillon dans le Top 10 UK.
So you think that it’s over, but it ain’t over ’til it’s over.
(Lenny Kravitz, refrain, 1991)

Sur Mama Said, le titre arrive après des pièces plus dures comme « Always on the Run », ce qui rend l’atterrissage plus net. Kravitz rejoue la carte multi-instrumentiste : batterie, basse, guitares, et cette pile de voix arrangée comme si une petite chorale avait loué la pièce pour un après-midi.
Reste le pic commercial du Kravitz début des années 90 : pas son disque le plus bruyant, mais celui qui prouve qu’un arrangement rétro-soul peut encore stopper le trafic du Top 40 américain sans abandonner le nom de rocker sur la pochette.