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School – Supertramp : un cri de cour, puis Ken Scott

Le cri, c’est l’école, puis le groupe entre

Avant le groupe, on entend des enfants. School ouvre Crime of the Century sur une cour, puis un cri, puis l’harmonica de Rick Davies. Roger Hodgson a dit que le cri n’est pas qu’un effet. L’école peut être un bel endroit. Le cri représente plus que la cour. Il n’est pas sorti de l’internat depuis longtemps quand il l’écrit. Il a appelé la chanson fondamentalement la sienne, et il a aussi été clair : Davies a écrit le solo de piano et une bonne part du texte. La pochette imprime quand même les deux noms. C’était déjà la règle.

Supertramp emmène le morceau aux studios Trident, Wardour Street, en février 1974. Ken Scott, ingénieur des Beatles et producteur de David Bowie, avait refusé les maquettes jusqu’à ce qu’il voie le groupe jouer. A&M et le sonorisateur Russell Pope insistent. Scott accepte après les avoir vus jouer, puis prend le temps que le label veut bien. Les sessions courent jusqu’en juin, aussi à Ramport, le studio des Who, mixage à Scorpio Sound. Bob Siebenberg se souvient de semaines sur le son de batterie avant les bases. John Helliwell se souvient de Jerry Moss, d’A&M, qui passe quand le budget fait peur, entend ce qui existe, et les laisse continuer. A&M sort Crime of the Century en 1974. C’est le premier album de la formation qui va tenir : Hodgson, Davies, Helliwell, Dougie Thomson et Siebenberg.

La voix d’Hodgson, c’est le garçon à qui l’on parle. N’oublie pas tes livres. Sois comme Johnnie Too Good, qui ne se dérobe jamais. Après l’école, ne traîne pas. Ne fais pas ci, ne fais pas ça. Les questions du texte sont nettes : qu’est-ce qu’ils essaient de faire, un bon garçon de toi ? L’harmonica de Davies, le même instrument qui ouvrira Take the Long Way Home cinq ans plus tard, est déjà la façon du groupe de commencer une dispute sans discours. Les vents d’Helliwell colorent les bords. Le mix de Scott garde la cour dans l’image au lieu de l’effacer pour une intro rock propre. Puis le groupe frappe, et la chanson cesse d’être un sketch.

Tout, surtout ce cri juste avant que le groupe n’entre, représente beaucoup. L’école est un endroit formidable. Évidemment c’est une cour de récréation, mais ce cri représente bien plus.

(Roger Hodgson)

School n’est pas le single qui porte l’album en Grande-Bretagne. C’est Dreamer. Aux États-Unis, c’est Bloody Well Right qui est poussé. Le disque, lui, fait le plus gros travail. Après deux albums qui n’avaient pas pris, Crime of the Century entre dans le top 5 en Grande-Bretagne, au Canada et en Allemagne, et il pose le son qu’on entend quand on dit Supertramp : piano, sax, harmonies, et un texte qui taraude les institutions. Les chansons d’école d’Hodgson ne s’arrêtent pas là. The Logical Song, cinq ans plus tard, pose au même bâtiment une question plus polie. School est le brouillon plus rugueux, et elle y gagne. On entend encore la cour.

L’harmonica de Davies revient, bref, à la fin de la pièce-titre, pour que la cour et le « crime » restent dans le même cercle. C’était Scott et le groupe qui pensaient en faces d’album, pas en singles. Si vous entrez dans Supertramp avant Breakfast in America, commencez par cette ouverture. Les enfants sont une vraie bande. Le cri est une décision. Puis l’harmonica, la voix d’Hodgson, et un groupe à qui on a enfin donné les semaines pour avoir le son de batterie juste.

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