Lennon construit un texte pour perdre les interprètes
Le 5 septembre 1967, les Beatles sont de retour aux studios EMI d’Abbey Road, avec une nouvelle chanson de John Lennon qui refuse de se conduire comme un texte de pop. Il a commencé « I Am the Walrus » après qu’un élève de son ancienne école, Quarry Bank à Liverpool, lui a écrit qu’un professeur faisait décortiquer les chansons des Beatles à la classe pour y trouver un sens caché. Lennon décide de ne laisser à ce professeur aucune prise solide.
L’ouverture, « I am he as you are he as you are me », vient en premier. Autour, il empile des images du poème de Lewis Carroll « The Walrus and the Carpenter », une histoire grivoise qu’Eric Burdon des Animals lui a racontée à propos d’un œuf et ce qui traîne dans la pièce. Il dira plus tard que les mots sont un rêve, pas un code. Dans un entretien de 1980, il avoue aussi un regret : dans le poème de Carroll, le morse est le méchant et il aurait préféré être le charpentier.
George Martin produit. Le groupe enregistre le rythme début septembre : Lennon au piano électrique et au chant, McCartney à la basse, Harrison à la guitare, Starr à la batterie. Martin écrit ensuite un orchestre, enregistré le 6 septembre, avec violons, violoncelles, cors et clarinette. Le 27 septembre, les Mike Sammes Singers, un groupe vocal londonien de seize personnes, viennent scander « ho ho ho, he he he », « oompah, oompah » et quelques lignes plus crues que Lennon leur donne.
L’ingénieur du son Geoff Emerick laisse une radio allumée dans la régie pendant la séance de chant finale, branchée sur une émission de la BBC en direct. Une représentation du troisième programme du King Lear de Shakespeare, acte IV, passe dans les micros. Martin et Emerick laissent ces voix dans l’enregistrement, sous la dernière minute du morceau. On entend quelques répliques de la pièce si on monte le volume.
Walrus dit seulement un rêve. Les mots ne veulent pas dire grand-chose. Les gens tirent tellement de conclusions et c’est ridicule.
(John Lennon, entretien à Playboy, 1980)

La chanson sort en Grande-Bretagne le 24 novembre 1967, sur l’autre face du single « Hello, Goodbye » et sur l’EP Magical Mystery Tour. Capitol, aux États-Unis, la place sur l’album Magical Mystery Tour, sorti le 27 novembre. Dans le film, tourné cet automne-là, Lennon la chante dans un hangar d’avion pendant que le groupe porte des têtes d’animaux et que la caméra glisse devant des policiers et des hommes-œufs. La BBC retire ensuite le disque de ses programmes. Le reproche ne vise pas le bout de King Lear. Il vise la ligne sur une fille vilaine qui baisse sa culotte.
« Hello, Goodbye » est la face que les classements veulent. Elle atteint la première place en Grande-Bretagne et aux États-Unis. « I Am the Walrus » est la face que Lennon veut. C’est le morceau de 1967 où le groupe cesse d’expliquer les mots et laisse l’orchestre, le chœur et une pièce de radio finir la discussion.
Rosa | 13 octobre 2026
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Ok mais qui d’autre met I Am The Walrus à 1h du mat et se sent compris?
Louise | 14 octobre 2026
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C’est le morceau que je mets pour tester des enceintes. The Beatles ment jamais.
Emma | 14 octobre 2026
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Je zappe toujours jusqu’à I Am The Walrus sur l’album. Coupable. J’en avais besoin.
Marie-Claire | 15 octobre 2026
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Je connaissais pas ce détail de session. Ça change l’intro dans ma tête. Je balance ca sur le groupe. Chaos assuré.
Carmen | 16 octobre 2026
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Pas mon genre d’habitude mais I Am The Walrus m’a eu. Ok. Je balance ça sur le groupe. Chaos assuré. Bon.
Noah | 16 octobre 2026
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Je remets I Am The Walrus dès que j’ai besoin d’un reset. Ça vieillit pas.