1920s flute blues into AM escape
Going Up the Country démarre avec la flûte de Jim Horn et un rythme roulant avant l’entrée du falsetto d’Alan « Blind Owl » Wilson. Wilson a adapté la mélodie de « Bull Doze Blues » d’Henry Thomas dans les années 20, en gardant le goût de flûte en bois plutôt qu’un vernis psychédélique. Canned Heat, le blues-boogie de Los Angeles, l’a coupé pour l’album 1968 Living the Blues chez Liberty Records. Le growl de Bob « The Bear » Hite vit ailleurs dans leur catalogue ; ici la voix plus légère de Wilson porte le texte de voyage, quitter la ville pour un terrain plus calme.
Wilson étudiait le vieux country blues et les chants d’oiseaux aussi soigneusement que les concerts. L’arrangement reste lâche mais verrouillé : batterie poussiéreuse, changements simples, flûte au-dessus. En 1968-69 le single a roulé sur les AM de la côte Ouest jusqu’aux foules de festival. Les auditeurs en âge d’être appelés y ont entendu une chanson de fuite ; les documentaires s’en sont servis plus tard comme montage route tout prêt. Robin Lloyd et d’autres l’ont appelée hymne officieux de Woodstock 1969, où Canned Heat a aussi joué. Une envie simple de quitter la ville frappait plus fort cette année-là qu’un autre slogan de protestation.
Sur scène le groupe pouvait s’étaler en longs jams boogie. Ce single est leur déclaration courte la plus claire : hook de flûte, drive deux accords, durée radio. Des décennies plus tard il revient encore dans pubs, films et playlists classic-rock parce que la figure d’ouverture est instantanée. Pas de cadre concept-album. Juste une mélodie rurale empruntée, un blues band californien, et un désir de partir prêt pour le tableau de bord.
Certains le considèrent comme l’hymne officieux du rassemblement de Woodstock en 1969.
(Robin Lloyd, KNKX, 2012)

Wilson est mort en 1970, Hite en 1981. Going Up the Country leur a survécu comme porte d’entrée pour les nouveaux auditeurs. À côté de l’original de Thomas, la filiation est évidente. À côté des hits AM de fin des 60s, on entend pourquoi les programmateurs l’ont pris : court, mélodique, facile à imaginer sur une route ouverte. Le heritage rock n’a pas inventé cet usage ; le disque l’invitait dès le premier tour.
Ce qui dure, c’est le choix de craft : garder la flûte, le shuffle, le texte plain. Les chansons « America leaves town » sont courantes. Peu relient aussi nettement la musique de rue texane des années 20 à un single Liberty 1968. Ce pont, pas un vague « esprit des sixties », est l’héritage concret qui vend encore l’idée de faire un sac et de partir.