Après Supergrass, une bombe avec une mèche
Le 21 mai 2012, après la séparation de Supergrass, Gaz Coombes sort Here Come The Bombs sur son label Hot Fruit Recordings, avec EMI pour le marketing britannique. Il amorce la plupart des titres seul chez lui à Wheatley (Oxfordshire), puis passe au studio Templesound de Sam Williams à Oxford pour écrire davantage, enregistrer et mixer. Williams avait produit I Should Coco ; ici il co-produit et joue batterie, basse, claviers et thérémine sur certains titres, pendant que Coombes assure presque tout le reste.
Le son laisse le bounce britpop pour des grooves plus denses, des guitares saturées et des synthés. L’ouverture Bombs vient en partie d’images télévisées de conflits ; Coombes parle de plans aériens de bombes qui paraissent irréels tant qu’on n’imagine pas le sol. Singles et titres forts : Hot Fruit, Simulator, Break the Silence, Whore. Le NME note l’album 8/10. La pochette – casque dessiné en bombe à mèche – colle au double sens du titre : chansons comme petites bombes sonores, et bruit de fond d’une décennie de guerres.
Posséder les masters chez Hot Fruit compte : Coombes contrôle pochette et choix de singles sans comité de major. Les premiers concerts UK (Bush Hall, festivals) présentent la voix solo sans faire de la nostalgie Supergrass l’accroche principale.
Tu vois des images aériennes de bombes qui tombent, et ça n’a pas l’air réel. Mais en bas, c’est putain de dingue.
(Gaz Coombes à propos de Bombs, cycle d’interviews NME / Guardian, 2012)

Here Come The Bombs ouvre une carrière solo qui mènera au Matador nommé aux Mercury et à World’s Strongest Man. Le bilan utile : un disque home-studio 2012 qui transforme le chanteur de Supergrass en auteur auto-édité avec Williams de retour en cabine, et un graphisme encore lisible en miniature.