Six titres et la suite Echoes
Meddle arrive dans les bacs britanniques le 5 novembre 1971 (Harvest), après une sortie américaine fin octobre. Pink Floyd se produit entre Abbey Road, AIR London et Morgan Studios, de janvier à août. Le disque ne compte que six titres. La moitié de la face deux est une seule pièce : Echoes, plus de vingt-trois minutes. Cette longueur n’est pas un ornement. C’est le groupe qui teste l’écriture longue qui remplira bientôt les stades sous des concepts plus serrés.
La face un ouvre sur One of These Days, charge à deux basses, voix traitée de Nick Mason et figure de slide nette. A Pillow of Winds et Fearless ralentissent le pouls : guitare acoustique, chant doux de Gilmour, et sur Fearless un enregistrement de terrain des supporters de Liverpool chantant « You’ll Never Walk Alone ». San Tropez est la détente jazz-pop de Waters. Seamus est un blues avec chien qui hurle, souvent pris pour une blague, encore partie du refus de l’album de rester dans un seul climat.
Hipgnosis habille la pochette d’une oreille sous l’eau, rides comprises. À l’intérieur, le quatuor sonne équilibré : les claviers de Wright colorent la longue suite, guitare et voix de Gilmour portent les mélodies, basse et structure de Waters tiennent le sol, la batterie de Mason rythme sans parade. Echoes part d’un motif de piano en ping, traverse un hurlement central et des effets de mouettes, puis revient au chant. En live, cette suite devient un pivot de set bien avant que The Dark Side of the Moon verrouille le format conceptuel.
On a passé beaucoup de temps juste à jouer et à chercher des sons. Echoes est sorti de là, de quelques notes vers quelque chose qui devait remplir toute une face.
(David Gilmour, à propos des sessions de Meddle)

Meddle cartonne correctement en Grande-Bretagne et aux États-Unis sans encore devenir un fixe sur toutes les platines. La critique entend le pont : après l’étalement d’Atom Heart Mother, vers la focale de 1973. Remasters et rééditions gardent le mix de 1971 en circulation ; l’audio officiel d’Echoes présente encore l’argument central de l’album à de nouveaux auditeurs.
Réécoutez : la séquence tient toujours, charge de basse, chansons douces, blague du chien, puis la longue nage. Meddle, c’est Pink Floyd qui apprend à bâtir une pièce de face entière qui semble composée, pas seulement allongée, et l’oreille de la pochette colle encore au brief d’écoute.