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Random Access Memories – Musiciens live, Nile Rodgers, Album of the Year

Columbia, musiciens live, Nile Rodgers

En mai 2013, Daft Punk sort Random Access Memories chez Columbia, un disque disco à musiciens live conçu comme si Internet n’avait jamais existé. Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo passent des années à rassembler des sessions à Los Angeles, à Electric Lady à New York et à Gang à Paris. L’ingénieur Mick Guzauski capture les musiciens live à L.A. ; Florian Lagatta travaille les salles parisiennes. Le brief refuse la prod laptop seule et vise le ressenti d’albums comme Rumours, Hotel California et Thriller.

Les invités sont castés comme un film. Nile Rodgers apporte la guitare Chic, dont l’instrument plexiglas que Bangalter demande explicitement pour Get Lucky. Pharrell Williams chante ce hit après avoir croisé le duo à Paris. Giorgio Moroder raconte son autobiographie sur un throb analogique dans Giorgio by Moroder. Julian Casablancas, Panda Bear, Todd Edwards et le songwriter Paul Williams apparaissent aussi. Nathan East, Omar Hakim, Paul Jackson Jr. et d’autres session players remplissent les bases.

Get Lucky fuit tôt, puis domine 2013 : lick de guitare linéaire de Rodgers, falsetto de Pharrell, voix robots au refrain. N°2 du Hot 100, n°1 dans une grande part de l’Europe. Lose Yourself to Dance garde la même équipe dans un groove plus profond. Instant Crush place Casablancas sur une pulse soft-rock. Give Life Back to Music pose la mission dès les premières minutes. La pochette noire au titre cursive blanc fait un clin d’œil à Thriller sans le copier.

Aux 56e Grammys, l’album prend Album of the Year et Best Dance/Electronic Album ; Get Lucky prend Record of the Year et Best Pop Duo/Group Performance. Paul Williams plaisante sur scène à propos de deux robots qui l’appellent sobre. La blague passe parce que la musique a déjà atteint des salons bien au-delà de la culture club.

Ils voulaient faire un album comme si Internet n’avait jamais existé.

(Nile Rodgers sur le brief de Daft Punk pour les sessions)

Le consensus critique est solide : éloges pour le jeu, débats sur la longueur des plages ambiantes, applaudissements quasi unanimes pour les singles. Commercialement, le duo revient au centre du mainstream après l’ère plus abstraite de Human After All et la BO de Tron. La série vidéo The Collaborators documente les invités et vend la thèse analogique avant la sortie.

L’héritage est concret. Les actes dance festivaliers rechassent la disco live. La carrière de Rodgers connaît une deuxième vague mondiale. L’omniprésence de Pharrell en 2013 repose en partie sur ce titre. Dans le catalogue Daft Punk, Random Access Memories est le pôle opposé du grit machine de Homework et l’extension logique de l’amour de la mélodie sur Discovery.

Les crédits de session racontent l’histoire aussi clairement que les singles. La batterie d’Omar Hakim, la basse de Nathan East et les guitares live empilées passent sous les voix robots au lieu de les remplacer. L’album dépasse l’heure, avec des ponts ambient que certains sautent et d’autres traitent comme des pauses entre featuring. Dans les deux cas, le fil tient : musiciens humains d’abord, machines comme outils d’arrangement, mémoire disco comme méthode plutôt que costume.

Écoutez-le d’un bout à l’autre : c’est un statement de craft studio achevé, pas une playlist de drops. Les robots n’ont pas montré leurs visages ; ils ont montré leur collection de disques et leur carnet d’adresses. Random Access Memories est l’endroit où ce pari a payé en charts, Grammys et un été qui sonne encore comme la guitare de Nile dès qu’on lance Get Lucky.

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