Eddie Johns cleared, Auto-Tune rendu audible
Un filtre s’ouvre et se ferme sur le mix, et une voix calée au pitch parfait demande encore une fois, comme si la nuit avait encore du travail. One More Time est de la house qui se souvient d’un chœur. Le kick est simple. La basse tourne autour de More Spell on You d’Eddie Johns (1979) jusqu’à ce que le sample devienne le nouveau lit. Ce qui accroche encore, ce n’est pas seulement le rythme. C’est la chaleur dans un traitement vocal vendu comme façon de cacher les chanteurs faibles.
Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo produisent le titre chez Daft House à Paris pour Discovery, sorti en mars 2001, après le single de novembre 2000. Romanthony chante. Ils clearent et transforment le disque d’Eddie Johns. La chaîne vocale n’est pas une boîte magique : Bangalter liste, dans Remix, un vieux Roland SVC-350, un Digitech Vocalist et de l’Auto-Tune, utilisés, dit-il, d’une façon non prévue. Le but n’est pas de réparer Romanthony en secret. C’est de rendre le traitement audible, comme une pédale wah. Les critiques qui ont entendu une triche entendaient l’instrument et l’appelaient crime.
Le film d’animation qui devient le visage de la chanson, puis les casques sur scène, transforme deux producteurs parisiens en marque cartoon. En club le titre n’a pas besoin du mythe. Il a besoin d’une sono et d’une pièce prête à entendre, encore, que la nuit n’est pas finie. La mélodie de Romanthony est une phrase gospel en combinaison spatiale. Enlevez la combinaison dans la tête et il reste un homme qui demande au dancefloor de ne pas s’arrêter.
L’Auto-Tune est génial pour corriger les voix, mais on l’utilise d’une façon pour laquelle il n’a pas été conçu.
(Thomas Bangalter, Remix, 2001)

Le débat sur l’effet a survécu au cycle de critiques parce que l’effet a changé la grammaire du chant pop. Après ce single, une voix corrigée pouvait être un choix plutôt qu’un secret. Bangalter comparait la panique aux musiciens français de la fin des années 1970 qui voulaient interdire le synthé pour voler des jobs. Il avait raison sur la peur. One More Time vole aussi ouvertement au disco et rembourse en joie de piste. La chanson ne cache pas son sample. Elle le reconstruit.
Il reste la demande du titre, cri de DJ et de amoureux. Discovery est plein d’images de robots. C’est le titre qui veut encore être tenu. Deux décennies de festivals n’ont pas usé le filtre. La main sur la lampe s’ouvre encore. La voix arrive encore trop parfaite pour être brute et trop urgente pour n’être qu’une machine, d’où radio et clubs qui la rappellent quand la nuit a besoin d’un dernier push.