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Master and Servant – Depeche Mode: claquement de fouet devenu chanson de travail

Some Great Reward, août 1984 : samples de fouet, métaphore du travail, clip cuir

Un claquement de fouet ouvre le champ stéréo avant que le séquenceur se pose. Dave Gahan chante la domination comme une équipe d’usine, pendant que le texte de Martin Gore plie le jeu de chambre dans la hiérarchie de bureau. Master and Servant est le deuxième single UK de Some Great Reward, sorti le 20 août 1984 chez Mute, avec (Set Me Free) Remotivate Me en face B. Il suit People Are People et pousse Depeche Mode plus loin du synth-pop de Basildon de Speak & Spell vers quelque chose de plus froid et plus physique. Les démos de Gore pour l’ère de l’album s’appuyaient déjà sur des percussions trouvées et l’ambiguïté morale ; le single a simplement rendu cette tension dansable. Certaines radios ont hésité devant le sujet. Les clubs, non.

Le groupe produit avec Daniel Miller et Gareth Jones. Les prises de base courent à Music Works à Highbury, Londres, en mai 1984 ; le mix part à Hansa Mischraum à Berlin-Ouest, le même complexe qui avait déjà accueilli Bowie et Iggy. Samples de percussions industrielles et voix sèche posés sur une pulse dance faite pour les clubs autant que pour la radio. Gore a dit que le morceau parle de toute relation avec un côté dominant et un côté soumis, y compris celles où l’on pointe chaque matin. Cette double lecture explique pourquoi le titre tient encore en plein jour : c’est un langage S&M en badge de pointage. La campagne douze pouces de Mute traite le fouet comme un cue DJ autant qu’un effet de choc, ce qui aide le titre à voyager hors de la radio indie UK.

Clive Richardson réalise le clip officiel : cuir, chaînes et lumières de scène calées sur la campagne de l’album. Pic UK à la neuvième place ; l’Allemagne de l’Ouest le monte à la deuxième. Aux États-Unis, le titre trouve de la traction en dancefloor même quand la radio pop hésite, frôlant le Hot 100 et les charts Club Songs. En live, il devient un cue de claquement en milieu de set sur les tournées du milieu des années 1980 qui mènent vers l’échelle Rose Bowl de 101. Plus tard, le morceau s’assoit parfois à côté de Blasphemous Rumours, autre single de Some Great Reward qui refuse la bonne humeur facile. Le Slavery Whip Mix étire le groove au-delà de neuf minutes pour les boîtes DJ qui veulent plus de claquement, moins de refrain.

Ça parle de toute relation où il y a une personne dominante et une personne soumise. Ça peut être un patron et un employé, ou un prof et un élève.

(Martin Gore, à propos de Master and Servant)

Les mixes douze pouces étirent le fouet et le groove pour les boîtes DJ, y compris plus tard des variantes On-U Sound et US black-and-blue. La version album reste celle que la plupart des écouteurs connaissent : tendue, assez courte pour la radio, assez nette pour que le titre fasse son travail. Écoutez Master and Servant à côté de People Are People et vous entendez Depeche Mode 1984 en une soirée : la politique en civil, puis le désir habillé en travail. Le claquement du début vous dit encore de quel côté du bureau vous êtes. Appuyez sur play pour le sample seul, puis restez pour voir avec quel calme Gahan vend un jeu de pouvoir comme une pointeuse.

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