Burnel’s bass low, round, overdriven
La basse de Jean-Jacques Burnel ouvre No More Heroes grave, ronde et saturee, le punch flatwound qu’il a construit en cognant l’ampli. La guitare de Hugh Cornwell et les claviers de Dave Greenfield se calent autour. Le single United Artists 1977 fait sonner The Stranglers plus ages et plus durs que beaucoup de pairs punk.
Le texte jette des noms comme des photos jetees : Trotsky, Lenny Bruce, Shakespeare, Sancho Panza. Pas d’eloges, juste une liste de figures traitees comme obsoletes. C’est de la provocation plus qu’un cours d’histoire, sur un riff qui refuse de s’adoucir.
The Stranglers traversent le punk de biais : plus ages, moins accroches aux slogans. Burnel parle francais aussi bien qu’anglais et pratique le karate ; Cornwell a deja vecu les experiences chimiques avant le groupe. Cette distance avec la mode de scene se lit dans l’humour froid du titre.
« We got away with murder », a dit Hugh Cornwell à propos de l’ère de No More Heroes, en évoquant l’approche provocante et rebelle du groupe lors de leur ascension explosive en 1977
(Mick Wall, Louder Sound, 2023)

Le morceau reste un fixe de set-list parce que le riff de basse et l’appel des noms coupent encore en club. Il capture les Stranglers 1977 sans besoin d’un recit de reformation.
Les heros meurent dans le titre ; le groove non. Ce contraste est toute l’astuce.