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The Stranglers – Golden Brown

Une ligne de clavecin que le label ne voulait pas

Liberty Records sort « Golden Brown » le 11 janvier 1982. C’est le deuxième single de La Folie, l’album des Stranglers paru en novembre 1981. Le morceau est enregistré au Manor, à Shipton-on-Cherwell et produit par le groupe avec Steve Churchyard. Hugh Cornwell chante et joue de la guitare. Dave Greenfield joue la figure de clavecin qui porte le disque. Jet Black, batteur venu du jazz, joue léger autour. Jean-Jacques Burnel est crédité comme auteur avec les trois autres. Cornwell a dit plus tard que Burnel ne joue pas sur la prise finale : il ne trouvait pas de partie de basse, il est parti et Greenfield a mis une basse de clavier en dessous.

La musique ne commence pas comme un single. Greenfield propose sans cesse une idée de clavier dans un autre décompte que les chansons que construisent Cornwell et Burnel et ils lui disent de laisser tomber. Cornwell a aussi raconté être entré pendant que Greenfield jouait ce passage seul et avoir décidé que c’était une chanson, pas un bout en trop. L’essentiel du morceau avance par trois. Puis une mesure avance par quatre et le motif ne se pose jamais tout à fait. Cornwell écrit les paroles pendant que Greenfield joue, un long brouillon qu’il coupe ensuite. Le label qui a repris le groupe, une fois le punk censé être fini, ne veut pas du disque. Ils disent que ça ne sonne pas comme les Stranglers et qu’on ne peut pas danser dessus. Ils le sortent avant Noël en pensant qu’il va mourir.

Il ne meurt pas. David Hamilton en fait son disque de la semaine sur BBC Radio 2. En février 1982, il atteint la 2e place en Grande-Bretagne, le meilleur rang du groupe. Il entre aussi dans le top 10 en Irlande, aux Pays-Bas, en Flandre et en Australie. EMI dit qu’il rate la première place parce que les ventes de « Town Called Malice » de The Jam comptaient ensemble le 45 tours studio et un maxi live. Cornwell accuse autre chose : Burnel avait dit à la presse que la chanson parlait d’héroïne et certaines stations l’ont retirée. Le morceau reçoit un Ivor Novello cette année-là.

Golden Brown fonctionne à deux niveaux. Ça parle d’héroïne et aussi d’une fille. Les deux m’ont donné du plaisir.

(Hugh Cornwell, The Stranglers Song by Song, 2001)

Le clip met le groupe en costumes d’une autre époque autour du clavecin, ce qui colle au son plus qu’à leur réputation punk. Cornwell a dit que la « fille » des paroles était une petite amie de Méditerranée et que l’autre niveau était la drogue. Burnel a dit que le succès était aussi le groupe qui répondait à ceux qui les avaient déjà enterrés. Sur La Folie, les quatre n’écrivent pas comme une seule équipe. Cornwell a appelé plus tard l’essentiel de cet album un fouillis, avec cette chanson à part.

Ce qui reste, c’est un single de trois minutes et demie chez Liberty, un clavecin, la batterie légère de Jet Black et une voix qui ne dit pas quel sens est le vrai. Ceux qui connaissent les Stranglers par « No More Heroes » trouvent ici un autre disque. Ce sont toujours les quatre mêmes noms sur l’étiquette et c’est toujours leur plus gros succès en Grande-Bretagne.