Listen Without Prejudice, 1990 : coda 2:27, pas un autre single
La dernière chose qu’on entend sur Listen Without Prejudice Vol. 1 de George Michael n’est pas un climax radio. Waiting, reprisée d’environ 2:27, arrive après Soul Free comme une porte entrouverte : touches de clavier douces, ligne vocale fine, presque aucun drame de batterie. Epic sort l’album au Royaume-Uni le 3 septembre 1990. Le closer refuse le tour de victoire que Faith avait appris aux oreilles.
Michael produit l’album lui-même après des sessions à Sarm West et Metropolis (Londres) entre juillet 1989 et juillet 1990. Là où Freedom! ’90 et Praying for Time portent l’argument public du disque, Waiting est privé : une courte expiration après les singles manifeste. Ce contraste compte. Il n’empile pas un autre crochet ; il laisse de l’espace.
Écoutez-le après les tubes et l’album paraît enfin terminé plutôt que markété. Le titre « reprise » est honnête : des motifs reviennent plus bas, comme si le chanteur vérifiait qui reste dans la pièce sans le blouson de cuir. Petit titre, grande tâche : prouver que le brief sans préjugé n’était pas qu’un slogan.
Je voulais que les gens écoutent la musique sans préjugé, sans regarder l’image.
(George Michael, à propos de Listen Without Prejudice)

Les compilations sautent souvent Waiting ; c’est exactement pourquoi les auditeurs d’album le gardent. Le cut récompense d’avoir tenu le disque entier plutôt que de trier l’ère clip Fincher. Mettez-le en reset : deux minutes et demie qui font plus confiance au silence qu’à la swagger.
Le pari 1990 de Michael, c’était que l’écriture batte l’affiche. Waiting est le reçu discret au bas de l’addition.