Levi Seacer a écrit la phrase, et le groupe l’a jouée sans boucle
Le 30 juin 1992, Paisley Park et Warner Bros. sortent Sexy M.F. en premier single de l’album qui n’aura pas un titre qu’on peut prononcer. Love Symbol sort le 13 octobre. Le morceau a été enregistré en décembre 1991, au Studio A de Paisley Park, à Chanhassen, dans la même série de sessions que The Sacrifice of Victor et The Morning Papers. Prince l’a déjà joué en concert le 11 janvier 1992 au Glam Slam de Minneapolis, des mois avant que le disque n’arrive dans un magasin.
Prince écrit la musique et l’essentiel des paroles. Levi Seacer Jr. trouve le titre et le refrain, et il chante cette phrase. Tony M. écrit le rap et le pose. Le groupe sur la bande, c’est le New Power Generation au travail : Michael B. à la batterie, Sonny T. à la basse, Seacer à la guitare, Tommy Barbarella aux claviers, Kirk Johnson et Damon Dickson aux percussions. Les cuivres sont les NPG Hornz : Michael B. Nelson, Kathy Jensen, Dave Jensen, Brian Gallagher et Steve Strand. Après avoir entendu Get Satisfied de George Clinton, Prince demande à l’ingénieur Dave Friedlander une partie de cuivres dans cet esprit.
Le refrain dit le mot. La radio américaine ne le dira pas. Un montage propre, sorti sous des titres dont Sexy Mutha, part vers les stations et vers la version américaine de l’album. Le single n’atteint que la 66e place du Billboard Hot 100. Au Royaume-Uni, il monte à la 4e. Certains formats utilisent un disque pressé en forme de Love Symbol. Le clip, réalisé par Sotera Tschetter, est tourné à partir du 20 mars 1992 dans le parking de Paisley Park et chez Prince, avec Troy Beyer au générique et une BMW jaune dans le cadre. Warner le vend en single VHS le 16 juin 1992. Cette cassette atteint la 1re place du classement vidéo de Billboard et est certifiée or par la RIAA le 3 février 1993.
Sur Sexy M.F., tout le monde était sûr qu’il y avait une boucle de James Brown cachée dedans. Alors, il y a des boucles, non ? Non.
(Tommy Barbarella, Rolling Stone, 2016)

Barbarella a dit qu’il voulait reprendre son solo d’orgue, et que Prince lui a dit de le laisser. Le sens du groupe, tel qu’il l’a formulé plus tard, c’est qu’ils pouvaient jouer ce que Prince avait en tête sans cacher un sample sous la batterie. Les auditeurs n’arrêtaient pas de demander où était la boucle de James Brown. Il n’y en avait pas. Sur les tournées Act I et Act II, le morceau entre dans un medley avec Love 2 the 9’s. Richard Harrington, du Washington Post, y entend une ligne sèche et propulsive, dans la tradition de James Brown et du propre Housequake de Prince, et ajoute que le refrain est trop explicite pour l’antenne qu’il aurait pu avoir.
Le pari, c’était le mot. Un disque funk avec une section de cuivres en direct, mené par un refrain que le Top 40 ne dirait pas, ouvre quand même la campagne de Love Symbol. En Grande-Bretagne, c’est un single du top 5. En Amérique, la vidéo se vend et la chanson cale à 66. Prince la garde quand même. En 1993, il met Sexy M.F. sur The Hits 2, sous le titre que Levi Seacer a écrit, pas sous le nom propre que la radio avait demandé.